Le passé du PS de Pierre Moscovici, un sujet qui ne peut être ignoré
Dans un livre de souvenirs plein d'intérêt et de critiques, l'ancien membre éminent du Parti socialiste devenu président de la Cour des comptes relate de l'intérieur quatre décennies de réussites et de déclin de sa formation politique.
Par moi, Henri Gibier
Après près de quarante ans en tant que premier président de la Cour des comptes, Pierre Moscovici peut se vanter d'avoir eu une carrière remarquable. Il a occupé de jeunesse des postes importants au sein du PS et a été ministre à plusieurs reprises, notamment dans les domaines des Affaires européennes et de l'Économie. En plus d'avoir été député de Montbéliard puis député européen, il a également eu la chance de devenir commissaire européen, faisant ainsi partie des rares politiciens français à avoir atteint ce poste. On aurait pu s'attendre à ce que ses mémoires reflètent une ambiance sereine et satisfaite, comme le suggère leur titre "Nos meilleures années". Cependant, le ton qui se dégage de ce livre personnel donne plutôt l'impression au lecteur de parcourir les souvenirs d'un homme incompris.
Serge et Marie, des intellectuels brillants, étaient des parents aimants mais souvent absents pour lui. Il était connu pour fréquenter le café Flore et les Bains Douches, mais en réalité, il était un adolescent secret, réservé et passionné de lecture. Il travaillait intensément sur ses idées et cherchait à contrebalancer son image de technocrate en mettant en avant son engagement dans la région du Doubs. Alors qu'il avait l'habitude de critiquer avec sarcasme les jeux internes du Parti socialiste, il célèbre maintenant la noblesse de la politique et le projet européen.
Il semble que les ruptures de Jean-Luc Mélenchon avec ses anciens amis, en particulier Dominique Strauss-Kahn et François Hollande, se soient produites simplement parce qu'à un certain moment, ils n'ont pas réussi à exprimer ce qu'il aurait souhaité entendre de leur part.
La constante confrontation entre la facette publique d'une personne et ce qu'elle révèle de son intimité, notamment à travers une exploration captivante de sa relation avec le judaïsme, contribue grandement au charme de ce livre qui en est pourvu.
L'histoire racontée dans le Saint-Simon de Solférino se déroule également dans les coulisses du socialisme français pendant quarante ans. Les experts apprécieront la manière dont le Saint-Simon de Solférino (ancien siège du Parti socialiste) utilise dans ses portraits l'art du compliment amer et de la critique douce. Les passages sur le "palimpseste" DSK et François Hollande, qui est jovial mais peu sentimental, ainsi que les traits incisifs réservés à Jean-Pierre Chevènement, Jean-Christophe Cambadélis ou Ségolène Royal, méritent d'être soulignés.
L'auteur montre du respect envers Laurent Fabius en raison de son importance politique, mais il exprime sans retenue son admiration et son affection pour Lionel Jospin. Il considère Jospin comme le meilleur Premier ministre socialiste, qui a représenté, lors de son mandat à Matignon, le réformisme social-démocrate, à la fois diversifié et cohérent, auquel il aspire encore.
Les moments les plus mémorables de notre vie. La période de jeunesse, les amitiés, l'engagement politique.
Livre autobiographique
écrit par Pierre Moscovici. Publié par les Editions Gallimard, ce livre compte 384 pages et est vendu au prix de 24 euros.
Personnage: Henri Gibier
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