Les marchés financiers sont de plus en plus instables et impitoyables. En se concentrant sur les aspects négatifs, les bourses pourraient aggraver les tensions et provoquer une situation qui se réalise effectivement.
Par moi-même, David Barrou
Le marché financier est souvent considéré comme étant juste. Cependant, il peut parfois sembler cruel. Les investisseurs prennent des décisions en se basant sur les perspectives futures d'une entreprise, en espérant que ces perspectives seront meilleures que celles du passé. Lorsque les incertitudes augmentent, il est normal que les investisseurs évaluent les entreprises et punissent celles qui ne semblent plus capables de tenir leurs promesses.
Les marchés boursiers font preuve d'une violence exceptionnelle en ce moment. On peut citer la sanction infligée à Worldline, dont la valeur a chuté de 60% en une séance, ou encore celle subie par Sanofi (près de -20%, la plus lourde sanction pour une entreprise du CAC 40 en quinze ans). La Société Générale, Alstom, Plastic Omnium, Euroapi et d'autres ont également connu des dégringolades. Ainsi, tout le capitalisme français est désormais contraint de ne commettre aucune erreur.
Cependant, même aux États-Unis, le Nasdaq, qui héberge les géants de la technologie les plus prometteurs tels qu'Alphabet-Google, Apple ou Tesla, se montre impitoyable envers ceux dont le seul tort est parfois de réaliser une croissance supérieure au PIB mais inférieure aux attentes.
Risques
Dans un contexte où les taux d'intérêt augmentent, ce qui favorise les placements obligataires considérés comme moins risqués, il n'est pas étonnant que les investisseurs soient plus enclins à vendre qu'à acheter. Cependant, cette tension actuelle reflète également une certaine forme de pessimisme alimenté par l'accumulation d'incertitudes. Les tensions géopolitiques, l'incertitude quant à l'évolution des politiques monétaires à moyen terme, le risque de crise économique, l'effondrement de certains marchés immobiliers, l'inconnu quant au coût et à l'impact de la transition écologique, ainsi que les difficultés de refinancement de poids lourds tels que Casino ou SFR-Altice, qui rappellent que même les géants sont vulnérables… Il est vrai que le monde n'a que rarement dû naviguer dans un tel flou.
Pessimisme
En étant constamment pessimiste, il y a un risque que ce pessimisme devienne une réalité. Il ne faudrait pas que, à force de ne prévoir que des mauvaises nouvelles, les investisseurs et les entrepreneurs deviennent prudents et conservateurs, doutant de la capacité d'une économie cyclique à rebondir. Juste parce que certaines personnes vont moins bien ne signifie pas que tout va nécessairement mal.
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