La BCE a reçu deux avertissements mardi, indiquant qu'elle a peut-être réagi de manière excessive pour limiter la hausse des prix, plutôt que de trouver un juste équilibre.
Par Alexandre Counis
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Est-ce que la Banque centrale européenne a augmenté ses taux d'intérêt trop rapidement ? Cette question, qui était déjà présente depuis plusieurs semaines, est maintenant clairement formulée.
La Banque centrale européenne (BCE), tout comme la Réserve fédérale (Fed) d'ailleurs, court le risque de ne pas évaluer correctement la vitesse et l'intensité de son action contre l'inflation, en agissant trop rapidement ou de manière excessive pour contrer la hausse des prix. Cela pourrait entraîner le danger d'une récession très grave.
Cependant, deux statistiques publiées mardi suggèrent que la Banque centrale européenne a peut-être adopté une approche trop rigoureuse pour un problème mal identifié. De plus, en alignant ses décisions sur celles de la Réserve fédérale, elle a peut-être négligé le fait que l'inflation en Europe a des causes différentes de celles des États-Unis (l'augmentation des prix du gaz et du pétrole ici, et la relance budgétaire sans frein de l'administration Biden là-bas). Par conséquent, le traitement de l'inflation en Europe doit être adapté en conséquence.
Tout d'abord, l'inflation dans la zone a diminué plus rapidement que prévu, y compris l'inflation de base, c'est-à-dire en excluant les prix de l'alimentation et de l'énergie. Cela suggère que l'augmentation des prix est en train de se résorber, même si la politique monétaire de la Banque centrale n'a pas encore eu tous ses résultats.
Il y a un risque de suraccident dans la zone euro. La croissance économique a connu une baisse inattendue, avec une contraction du PIB de 0,1 % entre juillet et septembre. L'Allemagne a enregistré une légère baisse de son PIB, tandis que ceux de la France et de l'Italie ont à peine progressé. Aucune reprise n'est prévue pour la fin de l'année, ni pour la première moitié de l'année prochaine. Il semble donc que les moteurs de la croissance européenne soient complètement à l'arrêt.
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Alors que l'inflation diminue déjà, il semble que la BCE ait peut-être augmenté ses taux directeurs à un niveau trop élevé en les faisant passer de 0% à 4% en un peu plus d'un an. De plus, la hausse des taux d'intérêt à long terme aux États-Unis sur les marchés rend les conditions de financement plus strictes pour les entreprises, y compris celles en Europe. Cela a un impact supplémentaire sur le ralentissement déjà visible de l'économie européenne.
Il est également possible qu'un suraccident se produise : en augmentant le coût de la dette, la BCE a pris le risque de voir les pays européens chercher à réduire rapidement leurs dépenses afin de se désendetter. Cela pourrait avoir des conséquences néfastes sur l'économie européenne, avec une combinaison de politiques budgétaires plus strictes et de restrictions monétaires qui pourraient étouffer la croissance à long terme.
Alexandre Counis est l
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