Point de vue | Vapotage : quand la priorité à la sécurité limite la protection de la santé publique
La période du « Mois Sans Tabac » offre l'opportunité de rappeler les risques liés à la consommation de tabac, qui entraîne la mort de près de 75 000 Français chaque année. En France, l'idée évidente de se tourner vers la cigarette électronique pour lutter contre ce fléau se heurte à l'application stricte du principe de précaution, ce qui est déploré par Xavier Brunschvicg.
Selon Xavier Brunschvicg, qui parle au nom du Collectif des Professionnels de la Vape pour la santé publique, il est important de revoir chaque partie de ce texte avec nos propres mots.
Est-ce de la prudence ou une contradiction ? En plein "Mois Sans Tabac", la manière dont la France aborde la cigarette électronique illustre parfaitement les limites d'un principe de précaution sacré qui, dans ce cas, entrave l'amélioration de la santé publique.
Il est impossible de ne pas partager ce magnifique principe qui indique que tant que vous n'êtes pas absolument certain que votre produit ou médicament est totalement sans danger, il doit être interdit ou son utilisation doit être restreinte. Il est impossible de ne pas adhérer à ce principe, qui est un impératif catégorique au sens de Kant, et qui vise à ne pas compromettre l'avenir. Le principe de précaution a même été élevé au rang de principe constitutionnel, ce qui en fait le niveau le plus élevé de la hiérarchie des normes.
Inaction
Suite aux scandales du sang contaminé, de l'amiante et du Mediator, les dirigeants politiques ont cherché à protéger la population. C'est compréhensible. Ils ont peut-être également cherché à se protéger eux-mêmes. C'est humain. Mais à quel prix ? Si le principe de précaution mène à l'inaction et entrave toute innovation, comment pouvons-nous progresser ? Le principe de précaution doit être appliqué avec discernement. S'il est détourné, en particulier dans le domaine de la santé, il peut être néfaste.
Tragiquement, le tabac est responsable de 75 000 décès chaque année en France. Il est certain qu'un fumeur sur deux périra à cause de cette substance. Cependant, la cigarette électronique, qui est largement utilisée depuis plus de dix ans, n'a jamais été la cause d'un décès. Contrairement à la fumée des cigarettes traditionnelles qui contient des milliers de substances toxiques et cancérigènes, la vapeur produite par la cigarette électronique en contient 95% de moins. Les autorités sanitaires britanniques estiment que vapoter est 99% moins dangereux que fumer.
Aussi à prendre en compte:
Aux États-Unis, les écoles luttent activement contre l'utilisation de la cigarette électronique.
Les douanes ont réalisé des saisies record de tabac et de contrefaçons en 2022.
Néanmoins, en France, les responsables de la santé et les politiciens persistent à ne pas soutenir la cigarette électronique, ils envisagent de bannir les saveurs, de limiter son utilisation et de l'imposer fortement aux taxes. Quelle erreur tragique. Quelle faute impardonnable.
Depuis plus de 10 ans, des recherches scientifiques ont été menées sur la pratique du vapotage. Toutes ces études sont unanimes pour conclure que le vapotage est beaucoup moins nocif que le tabac. En conséquence, l'Académie Nationale de Médecine encourage vivement les fumeurs à passer à la cigarette électronique sans aucune hésitation. En ne dissipant pas les doutes persistants, les autorités publiques ont une grande responsabilité à assumer.
Exemple en français
Pourquoi s'obstiner dans une telle attitude ? En ce qui concerne le taux de fumeurs, la France se classe parmi les pires pays de l'Union Européenne. Elle compte plus de 32 % de fumeurs, ce qui la place en deuxième position derrière la Grèce. De plus, la situation ne s'améliore pas, au contraire. Le nombre de fumeurs a augmenté depuis 2020, en particulier chez les femmes et parmi les populations les plus vulnérables.
Cependant, il n'y a aucune nécessité que cela se produise. Alors que la France a du mal à se libérer d'une politique anti-tabac basée sur l'idée de "quitter ou mourir", les pays anglo-saxons, plus pragmatiques et moins moralisateurs, ont mis en place des stratégies de santé publique axées sur la réduction des risques. La cigarette électronique n'est pas perçue comme une menace, mais plutôt comme un précieux outil pour lutter contre le tabagisme. Et les résultats sont évidents. En Grande-Bretagne, le taux de fumeurs est passé de 20 % à 13 % en moins de 20 ans.
Ne permettons pas que les considérations morales et politiques prennent le dessus sur la santé publique. Ne laissons pas une interprétation erronée du principe de précaution prospérer. Ne choisissons pas de faire face à la certitude absolue de 75 000 décès par an plutôt que de prendre le "risque" de sauver 75 000 vies. À l'occasion du Mois Sans Tabac, en faveur de la santé publique, soutenons enfin l'utilisation de la cigarette électronique.
Xavier Brunschvicg occupe le poste de représentant du Collectif des Professionnels de la Vape pour la santé publique.
Xavier Brunschvicg ( )
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