Point de vue | Orientation : réunissons l'école et le monde du travail
En introduisant le nouveau stage obligatoire pour les élèves de seconde, le gouvernement renforce sa stratégie en matière d'orientation professionnelle. Ces annonces étaient attendues, car la moitié des jeunes estime toujours ne pas bénéficier d'un accompagnement adéquat pour faire leurs choix d'orientation, souligne Emilie Korchia.
Chaque année, le retour à l'école est un moment crucial pour les élèves et leurs familles. C'est l'occasion de retrouver ses amis, de rencontrer de nouveaux professeurs et de réfléchir à ce que l'on veut faire dans le futur. Cependant, la rentrée est aussi le moment où toutes les inégalités sont mises en évidence, en particulier lorsqu'il s'agit de trouver un stage, de planifier ses études futures et de prendre des décisions concernant sa carrière.
À la fin de la scolarité au collège et au lycée, tous les élèves sont confrontés à la question de leur orientation professionnelle. Cela met en lumière les inégalités sociales, géographiques et de genre. Il faut être réaliste : une jeune fille dont les parents sont agriculteurs dans la Creuse a encore aujourd'hui plus de chances de suivre leur métier que de travailler dans le domaine du numérique ou des sciences. C'est la même situation pour un enfant de militaire ou un fils d'ouvrier, qui auront plus tendance à reproduire les choix professionnels de leurs parents. C'est un déterminisme malheureux qui reste très répandu.
Actuellement, environ la moitié des jeunes français ne se sentent pas suffisamment soutenus dans leurs choix d'orientation. Cette statistique met en évidence le fait que les jeunes regrettent le manque de communication avec les experts et les étudiants plus avancés, ainsi que le manque d'informations sur les différentes options qui s'offrent à eux.
Combattre les influences préétablies
Ce témoignage alarmant décrit une réalité à laquelle nous ne devons plus accepter et qui nuit à l'ensemble de la société, notamment aux jeunes, à leurs familles, aux écoles et universités, ainsi qu'aux entreprises qui souffrent d'un manque d'attrait dû à une méconnaissance de leurs métiers. Alors, comment pouvons-nous aider les jeunes à trouver leur propre voie, en évitant la reproduction de schémas, souvent hérités de leur famille, qui les poussent à faire des choix de carrière par défaut et à subir des reconversions forcées ?
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Afin de combattre les diverses formes de déterminisme et le manque d'accès à l'information, il est essentiel de briser les barrières entre l'école et le monde professionnel, et de rapprocher ces deux univers. Cependant, bien que l'école joue un rôle primordial dans la réduction des déterminismes, les enseignants ne sont pas suffisamment préparés pour répondre à toutes les interrogations des jeunes ou pour aider chaque élève à trouver sa propre voie.
Afin de changer cette situation, il est nécessaire de redéfinir les tâches de chacun, en permettant à nos enseignants de se concentrer sur leurs compétences principales qui sont l'enseignement et l'orientation de leurs élèves, tout en leur fournissant les outils et les ressources dont ils ont besoin. Pour cela, il est essentiel que l'école établisse une meilleure connexion avec le monde de l'entreprise. C'est l'objectif de la réforme "Parcours Avenir", qui commence dès la classe de 5e, et qui permet l'intervention de professionnels en classe pendant les heures de cours. La nouvelle période de stage obligatoire mise en place en classe de seconde pour tous les lycéens est également une excellente initiative, qui démontre une véritable volonté d'ouverture vers le monde professionnel.
Implication des experts
Bien que toutes ces mesures soient clairement positives, elles nécessitent toutefois un accompagnement afin de garantir un accès équitable aux mêmes ressources pour tous les jeunes. À cet effet, les établissements peuvent se fier aux nouvelles solutions numériques pour créer des liens à travers tout le pays et ainsi assurer une égalité des chances pour tous, où qu'ils se trouvent.
Selon Elisabeth Borne, il est important de mettre l'accent sur l'orientation des jeunes filles vers les filières scientifiques dans les cinq prochaines années.
Une information en exclusivité : À seulement 20 ans, il a réussi à obtenir 1,5 million d'euros pour soutenir les élèves et les étudiants dans leur processus d'orientation.
Étant donné qu'il est plus facile de faire venir des professionnels de tous les domaines en ville plutôt qu'en milieu rural ou périurbain, il est important de soutenir les enseignants et les établissements, où qu'ils se trouvent. C'est un combat qui nécessite l'engagement de tous, en commençant par les professionnels eux-mêmes, qui sont les mieux placés pour partager leur quotidien et faire découvrir leur métier à un large public, que ce soit en personne ou en utilisant la visioconférence. Les jeunes, les familles, les enseignants, les professionnels et les entreprises doivent apprendre à travailler ensemble, dans le but d'une orientation professionnelle éclairée et personnalisée.
Il est nécessaire d'adopter une approche collective afin de réconcilier l'école avec le monde professionnel et ainsi améliorer durablement l'offre d'orientation des jeunes. Cela permettra également de mieux faire connaître les métiers, en mettant en valeur des filières souvent négligées. De cette manière, nous pourrons rapprocher notre pays de l'objectif du plein-emploi tout en construisant une société plus juste pour tous.
Emilie Korchia occupe le poste de fondatrice et PDG de My Job Glasses.
Emilie Korchia est l'a
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