Les discussions sur le traité mondial pour lutter contre le problème du plastique ont du mal à avancer. La troisième réunion du comité de négociation entre les gouvernements n'a pas abouti à un accord significatif. Il reste encore deux sessions de négociation avant la date limite d'un an.
Par une journaliste nomm
Les discussions sur le traité plastique à Nairobi la semaine dernière se sont terminées dimanche soir avec une déception. Le projet initial, appelé "zéro draft" par les diplomates, a légèrement changé, mais aucune des avancées majeures espérées par les pays les plus impliqués dans l'interdiction mondiale du plastique n'a été adoptée.
Dans l'entourage du ministre de la Transition écologique, Christophe Béchu, on se console en affirmant que aucun des moyens d'action n'a été supprimé, rien n'a été retiré. L'objectif affiché reste la réduction de la production mondiale de plastique, qui est actuellement estimée à 460 millions de tonnes, mais il n'y a pas de date limite fixée et surtout pas d'accord sur l'ampleur de la baisse. Cette première version du futur traité est donc loin de répondre aux attentes.
Les membres de la Coalition de haute ambition, qui regroupent les pays les plus déterminés, n'ont pas réussi à faire établir une liste des plastiques les plus nocifs pour la santé humaine.
Les manœuvres de blocage
Cette phase de négociation est seulement une étape temporaire, car il reste encore deux autres réunions avant de pouvoir finaliser un traité mondial qui aura une force légale contraignante. Une de ces réunions aura lieu à Ottawa en avril prochain, et la dernière se tiendra en fin d'année prochaine en Corée du Sud.
Cependant, certains pays, en particulier l'Arabie saoudite et la Russie, ont entravé le travail entre les différentes sessions. Ce travail est essentiel pour progresser sur les points de discussion, mais leur comportement a ralenti le processus. Le cabinet de Christophe Béchu exprime son regret principal à ce sujet, car cela entraînera un ralentissement considérable des négociations.
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De nombreuses organisations non gouvernementales ont exprimé leur déception face aux tactiques d'obstruction systématique utilisées par les pays producteurs de pétrole. Charlotte Soulary, responsable plaidoyer pour Zero Waste France, a réagi en déclarant que cette semaine, les pays producteurs et les groupes de pression de l'industrie plastique ont tout fait pour entraver les négociations visant à établir un traité contraignant couvrant l'ensemble du cycle de vie du plastique.
La problématique des conflits d'intérêts a été soulevée à plusieurs reprises par les organisations non gouvernementales (ONG) en raison de la présence de nombreux industriels du secteur plastique au sein des délégations des pays producteurs de pétrole, qui sont également les fournisseurs de la matière première nécessaire à sa fabrication.
De nombreuses organisations non gouvernementales ont demandé que les futures discussions entre gouvernements établissent une politique robuste pour gérer les conflits d'intérêts et réexaminent la manière de traiter avec les pays qui entravent délibérément les objectifs du processus de négociation.
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Malgré les circonstances, il y a tout de même un aspect positif : la Coalition de haute ambition compte désormais le Malawi parmi ses pays membres, et les pays d'Asie du Sud-Est, qui étaient très réticents jusqu'à présent à l'idée de fixer des objectifs ambitieux de réduction des plastiques, ont manifesté un changement significatif dans leur discours.
Marie Bellan
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