Alors qu'Emmanuel Macron dévoile aujourd'hui un nouveau programme visant à promouvoir la croissance des petites et moyennes entreprises, le mouvement des entreprises de taille intermédiaire demande une accélération de la réduction des impôts sur la production. Ils expriment leur inquiétude face aux potentielles mesures présentes dans le projet de loi de finances.
Par Marion Kindermans
Le programme ETIncelles a été mis en place après la mise en œuvre de la stratégie Nation ETI en 2020. Est-ce que des progrès ont été réalisés depuis lors ?
Oui, il est important de reconnaître les mesures prises au cours des sept dernières années. La manière dont nous abordons les entreprises en général, et les ETI en particulier, a changé de manière significative. Nous nous sommes alignés sur notre environnement européen et même mondial en termes de compétitivité. Les mesures telles que la réduction du coût du travail, la baisse de l'impôt sur les sociétés, la réforme de la fiscalité du capital et la diminution des impôts de production ont donné des résultats positifs.
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La stratégie nationale pour les entreprises de taille intermédiaire (ETI), lancée en janvier 2020, a entraîné une réduction des impôts de production qui a eu des effets concrets. Les "ambassadeurs des ETI", qui représentent à la fois l'administration et les entreprises, ont joué un rôle essentiel dans ce changement et ont établi des liens très utiles. De janvier 2021 à juin 2021, période post-Covid, les ETI ont créé 50 000 emplois nets, ce qui n'était pas arrivé depuis 2009. Leurs investissements ont augmenté de plus de 60% entre 2019 et 2021. Aujourd'hui, elles jouent un rôle clé dans la réindustrialisation de la France. Cette politique de soutien a porté ses fruits : elles étaient au nombre de 4 700 en 2008, et elles sont maintenant 5 600. Cependant, nous sommes convaincus que nous pourrions aller plus vite. Leur nombre reste bien plus élevé en Allemagne ou en Italie.
Le but de l'équipe dirigeante est d'aider les petites et moyennes entreprises à se développer et devenir des entreprises de taille intermédiaire. Quels sont les obstacles à cela ?
La transmission pose un défi majeur et contribue à l'affaiblissement du tissu économique. En moyenne, il faut attendre 21 ans pour qu'une petite et moyenne entreprise (PME) atteigne la taille d'une entreprise de taille intermédiaire (ETI), c'est-à-dire 250 employés ou un chiffre d'affaires de 50 millions d'euros. Pendant toutes ces années, la PME doit continuer à investir sans relâche. Le coût de la transmission, qui est 2,5 fois plus élevé en France qu'en Europe, pousse ces entreprises à se vendre, souvent à des acheteurs étrangers. Malgré les avantages offerts par le pacte Dutreil pour faciliter le processus, le taux de transmission en France est inférieur à celui de l'Allemagne. Pourtant, la moitié des ETI vont changer de propriétaire au cours des sept prochaines années. En réalité, les PME sont protégées au départ par des seuils, mais dès qu'elles grandissent, elles doivent faire face aux défis de l'écosystème français. Pourtant, notre pays dispose de nombreux atouts.
Quelles sont les raisons derrière la critique du Meti concernant le fait que la nouvelle baisse des impôts de production soit étalée sur quatre ans plutôt que d'être effectuée en une seule fois en 2024 ?
Pour augmenter le nombre d'ETI, il est nécessaire que la France soit plus compétitive. Cependant, malgré les progrès réalisés, les entreprises françaises sont encore surtaxées de 80 milliards de plus que leurs concurrents. Selon nous, il ne faut pas ralentir les efforts, mais au contraire accélérer le processus d'alignement sur l'écosystème européen. Certains facteurs continuent de nous nuire, tels que le coût élevé du travail qualifié et la fiscalité de production qui reste deux fois plus élevée que la moyenne européenne. De plus, la conjoncture économique est difficile.
Dans cette situation, comment les dirigeants des entreprises de taille intermédiaire se sentent-ils ?
Les leaders sont préoccupés. Nous sommes confrontés à une série de problèmes. Les coûts de production continuent d'augmenter, que ce soit pour les matières premières, l'énergie qui est encore un défi à résoudre ou la masse salariale. Le deuxième problème concerne la transformation, en particulier sur le plan environnemental, qui est très coûteuse pour les entreprises de taille intermédiaire, tout comme la complexité des réglementations et l'introduction du CSRD, le rapport extra-financier. De plus, certaines mesures envisagées dans le projet de loi de finances ne les rassurent pas.
Marion Kindermans
Quelles sont les clés pour s'adapter dans un environnement complexe ?
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