L'Union européenne avance davantage vers la production de technologies écologiques fabriquées en Europe. Le Parlement européen a adopté une loi visant à stimuler la fabrication de technologies propres sur le continent, y compris dans le domaine nucléaire.
Par moi, Fabienne Schmitt
L'Union européenne est en train de réagir aux importantes subventions américaines accordées à leurs industries vertes, qui sont issues de la célèbre loi IRA (Inflation Reduction Act).
Mardi, le Parlement européen a adopté une législation visant à stimuler la production de technologies vertes en Europe. D'ici à 2030, au moins 40% de ces technologies devront être fabriquées sur le continent, qu'il s'agisse de panneaux solaires, d'éoliennes ou de composants nucléaires.
Dans le texte, il est mentionné qu'une liste de technologies propres pourra bénéficier de procédures accélérées pour l'obtention de permis, ainsi que de facilités d'accès aux financements. Cela sera notamment rendu possible grâce à une réduction significative du régime des aides d'État.
Pour la première fois, un texte européen met en avant la production européenne, un sujet important pour la France. Pascal Canfin, président de la commission Environnement du Parlement, a salué cette initiative en la comparant au Buy American Act, en soulignant qu'il s'agissait du premier acte d'achat européen pour les technologies vertes.
Selon Christophe Grudler, eurodéputé français du Mouvement démocrate, chargé de négocier des compromis pour le groupe Renew, demain, des éoliennes et des réacteurs nucléaires seront installés dans toute l'Europe. Si nous ne soutenons pas nos propres technologies propres, nous serons obligés de les importer des États-Unis ou de la Chine dans dix ans.
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Allant encore plus loin dans cette logique, le Parlement a grandement élargi la liste des technologies qui peuvent être choisies, par rapport à celle restreinte définie par la Commission européenne. Chaque pays membre pourra donc sélectionner ce qui lui semble être le plus stratégique. Par exemple, les Pays-Bas opteront pour la production de technologies utilisant l'énergie marine, tandis que la France privilégiera celles liées au nucléaire.
Selon le rapporteur du texte, Christian Ehler (membre du PPE, parti de droite), la liste de la Commission était aléatoire. Par conséquent, ils ont décidé d'établir une liste qui serait liée aux technologies nationales et aux plans climatiques nationaux, ce qui leur semblait plus réaliste.
Le secteur nucléaire est considéré comme "sauvé" selon la liste du Parlement. Cette liste comprend également des sujets sensibles tels que la capture et le stockage du carbone. De plus, toutes les technologies nucléaires sont incluses, alors que Bruxelles n'avait inclus que les plus avancées.
En plus de cela, il est également important de noter que l'Europe est en train de prendre des mesures pour protéger son industrie face à la menace imposée par les États-Unis
Ce n'est pas encore la fin de l'histoire car ces modifications doivent encore recevoir l'approbation des législateurs européens (Commission, Parlement et Conseil), qui se réuniront en décembre.
Il est très probable que le débat agité entre Paris et Berlin sur le rôle du nucléaire refasse surface. De plus, il est probable que la fameuse liste de technologies soit réduite. Pascal Canfin souligne que c'est un peu comme une liste de souhaits de Noël. Lorsque vous avez des dizaines de secteurs, il devient difficile de donner la priorité aux permis accélérés. C'est un texte qui a tendance à s'étoffer au Parlement et à se resserrer par la suite.
Un possible manque de fonds
Les prochaines discussions pourraient également aboutir à une ambition plus grande en ce qui concerne les marchés publics. Le Parlement a seulement inclus une petite partie de la préférence européenne.
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Selon Christophe Grudler, par le passé, les gouvernements et les entités locales achetaient simplement ce qui était le moins cher. Cependant, grâce aux critères de durabilité et de résilience de ce document, ils seront encouragés à acheter plus de produits européens.
Un autre problème majeur est le manque de fonds. Un projet appelé STEP (« Plateforme de technologies stratégiques pour l'Europe ») est en train d'être développé et prévoit 13 milliards d'euros de financement de l'Union européenne. Cependant, il faudrait au moins sept fois plus pour répondre aux demandes des pays membres.
Il est prévu de mettre en place un fonds de souveraineté, ce qui suscite des tensions, mais sa réalisation se fait attendre. Cependant, il est urgent de faire avancer ce projet. Si la loi n'est pas finalisée avant avril 2024, elle sera reportée à septembre, après les élections européennes, ce qui entraînera une perte d'un an.
Fabienne Schmitt (Brussels Desk)
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