Les Pays-Bas sont confrontés à une situation d'incertitude suite à la victoire de l'extrême droite. Le parti dirigé par Geert Wilders a remporté les élections législatives, cependant il n'est pas garanti qu'il puisse former une majorité au Parlement. Il est probable qu'il faudra plusieurs mois avant qu'un nouveau gouvernement puisse se mettre en place.
Par mes propres mots:
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L'issue de ces élections législatives aux Pays-Bas a été qualifiée d'historique. Geert Wilders, tout comme la majorité de ses concitoyens, a été pris de court par sa victoire. Après vingt-cinq ans en tant que député, il semble enfin proche d'atteindre son objectif initial dans sa carrière politique : celui de devenir Premier ministre.
Dans le royaume, il est habituel que le chef du parti qui arrive en premier, Geert Wilders en l'occurrence, prenne la direction de la formation d'un nouveau gouvernement. En théorie, il finit par devenir Premier ministre. Cependant, il n'est pas certain que Geert Wilders réussisse à atteindre cet objectif : son parti n'a remporté que 37 sièges, ce qui est loin de la majorité absolue de 76. Il devra donc former des alliances avec d'autres partis s'il veut gouverner.
Avec un Parlement très divisé, comme souvent dans ce pays, il n'y a en réalité que deux choix possibles. La première option est un gouvernement de droite, composé du PVV de Wilders, du VVD libéral dirigé par Mark Rutte, et du nouveau parti de centre-droit NSC, éventuellement soutenu par le BBB populiste. Une telle coalition donnerait à ces partis 88 sièges sur les 150 disponibles. Pieter Omtzigt, le chef du NSC, avait exclu la possibilité d'un gouvernement avec Wilders pendant la campagne, mais il semble avoir changé d'avis. Il a déclaré mercredi soir : "Nous sommes ouverts à cette option".
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À six mois des élections européennes, l'Union européenne se retrouve confrontée à une montée en puissance de l'extrême droite.
Jeudi, Caroline van der Plas, la cheffe du BBB, a exprimé son intérêt à former une alliance avec Wilders. La leader populiste souhaite que Wilders fasse preuve de plus de flexibilité dans ses positions. Selon elle, l'idée d'interdire le Coran et de quitter l'Union européenne défendue par Wilders est impossible à mettre en pratique.
Selon Frans Timmermans, la deuxième possibilité serait de former un gouvernement sans Wilders, en rassemblant les partis de droite traditionnelle, du centre et de gauche. Cette coalition serait composée de GroenLinks-PvdA (partis sociaux-démocrates et écologistes), VVD (parti libéral), NSC et D66 (parti social-libéral). Ensemble, ils disposeraient de 78 sièges.
Dans cette situation, Frans Timmermans, qui était auparavant commissaire européen et dirige maintenant l'alliance GroenLinks-PvdA, pourrait avoir espoir de devenir Premier ministre. Cependant, si cette coalition se forme, les électeurs de Wilders pourraient se sentir trahis. Cela pourrait entraîner un vote encore plus radical lors des prochaines élections.
Dans les deux situations, il est donc important de savoir quelle sera la décision du NSC et du VVD. Le NSC semble prêt à collaborer avec le PVV de Wilders, tandis que le VVD hésite encore. Si l'un des deux partis refuse, Wilders se retrouvera sans soutien.
Inquiétudes des entreprises
Le Parti pour la Liberté (PVV) maintient son souhait de tenir un référendum concernant une sortie des Pays-Bas de l'Union européenne, également connue sous le nom de "Nexit", qui suscite de vives inquiétudes au sein des entreprises. L'économie néerlandaise, qui se classe 17e mondiale, bénéficie en grande partie de son accès au marché unique européen.
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VNO-NCW, une organisation patronale, demande à la future coalition de respecter l'État de droit démocratique et de prendre en compte notre position commerciale dans le monde et dans l'Union européenne. C'est un avertissement clair sur les conséquences économiques d'un "Nexit" pour notre pays.
Après une longue période d'anticipation, le pays possède de nombreuses entreprises internationales, comme ASML à Eindhoven. Ce fabricant de machines pour la production de puces électroniques est préoccupé par les futures restrictions concernant l'embauche de travailleurs étrangers, ce qui pourrait le pousser à quitter le pays.
Maintenant, Geert Wilders doit se concentrer sur la formation d'une possible alliance. Au cours de la campagne, il a semblé avoir adopté une version plus modérée de lui-même. Cependant, son programme électoral n'est pas très éloigné de ce à quoi les Néerlandais sont habitués depuis ces dernières années : il est nationaliste, a des préjugés envers l'islam et prône l'autorité.
La question principale est de savoir s'il pourra trouver d'autres partis disposés à continuer ce programme d'extrême droite avec lui. Il est probable que les Néerlandais devront attendre plusieurs mois avant d'obtenir la réponse.
Stefan De Vries (Journaliste basé à Amsterdam)
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