Afin de diminuer les émissions de CO2, l'industrie du transport en mer devra consacrer au moins 23 milliards de dollars par an d'ici 2050. On se demande si cela sera une tâche titanesque ou si cela se terminera comme le Titanic.
Selon Ludovic Subran, économiste en chef du groupe Allianz, nous devons prendre en compte les différentes
Alors que la conférence des Nations Unies sur le changement climatique, connue sous le nom de COP28, débute à Dubaï, une ville qui est un centre névralgique du transport et de la logistique, il est important de souligner que le commerce international joue un rôle essentiel dans la lutte contre le changement climatique. En effet, il permet de diffuser à travers le monde des produits et des technologies respectueuses de l'environ
La question de la libéralisation du commerce vert est un sujet important pour l'OMC. Il s'agit de réduire les barrières douanières actuelles (qui sont en moyenne de 5,4%) et de lutter contre le protectionnisme vert croissant. Cependant, l'élément clé ne se trouve pas dans les politiques publiques, mais dans le transport maritime vert. En effet, il est impossible d'avoir un commerce vert sans un transport maritime respectueux de l'environnement.
En pleine croissance
Les bateaux de transport de marchandises transportent environ 11 milliards de tonnes de marchandises chaque année, ce qui représente 85% du commerce mondial. On estime que ce chiffre va tripler d'ici à 2050. Bien que le transport maritime ne soit responsable que de 3% des émissions mondiales de gaz à effet de serre, cette proportion pourrait atteindre 17% d'ici le milieu du siècle si aucune action n'est entreprise.
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L'objectif ambitieux fixé par l'Organisation maritime internationale est de réduire les émissions de gaz à effet de serre et d'atteindre le zéro émission d'ici 2050. De plus, 13 des 30 plus grandes compagnies maritimes se sont engagées à atteindre zéro émission nette entre 2040 et 2060. Bien que les compagnies asiatiques représentent la moitié du tonnage mondial des navires, les compagnies européennes ont fait plus de progrès dans l'établissement d'objectifs de décarbonisation et de renouvellement de leur flotte.
Ces entreprises sont probablement les mieux adaptées pour répondre à l'augmentation de la demande de transports respectueux de l'environnement et, par conséquent, pour influencer davantage les prix du carbone sur les paquebots, qui sont en retard dans leur transition.
La transition vers un secteur décarbonisé est une course contre le temps qui demande des investissements considérables pour l'achat de nouveaux navires dotés de technologies avancées et de moteurs de dernière génération, ainsi que pour l'installation de systèmes de dépollution.
Une flotte qui prend de l'âge
Les dépenses d'investissement dans le secteur ont augmenté de manière significative en 2021 et 2022, grâce aux bénéfices records générés par l'augmentation des prix du fret. On prévoit qu'elles continueront à augmenter de 12 % et 9 % en 2023 et 2024, alors que la moyenne sur dix ans n'est que de 3 %. Cependant, le vieillissement de la flotte mondiale et le coût élevé des nouveaux navires (deux fois plus élevé que celui des anciens) nécessiteront davantage d'investissements.
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Si la moitié des porte-conteneurs actuels doivent être remplacés ou modernisés, le secteur du transport maritime devra investir au moins 23 milliards de dollars par an pour atteindre ses objectifs climatiques. En 2022, une année exceptionnelle pour le secteur, les 30 plus grandes compagnies ont généré environ 165 milliards de dollars de trésorerie disponible, ce qui signifie qu'elles devraient être en mesure de financer leur transition jusqu'en 2030 sans avoir besoin de financement externe. Cependant, après cette période, la décarbonisation exigera un financement considérable.
Pour progresser vers des émissions nettes nulles, l'industrie doit non seulement renouveler sa flotte, mais aussi abandonner rapidement les combustibles fossiles qui représentent encore 94% du carburant utilisé. Cette transition dépendra de l'augmentation de l'utilisation de carburants alternatifs tels que les biocarburants, le méthanol et l'hydrogène. Bien qu'il y ait déjà plus de 100 projets d'infrastructure en cours pour intégrer l'ammoniac et l'hydrogène, il reste encore des avancées techniques et un soutien politique nécessaires.
La mise en place d'une infrastructure adéquate est essentielle pour parvenir à une décarbonation du commerce mondial. Actuellement, des corridors de navigation écologiques sont en cours de création sur des itinéraires très fréquentés, tandis que les ports sont transformés en centres énergétiques pour promouvoir les technologies à zéro émission. Cependant, il reste encore beaucoup de chemin à parcourir pour que tous les ports du monde disposent de suffisamment d'électricité pour alimenter les navires de passagers et les porte-conteneurs tout en répondant à la demande de gaz décarbonés tels que le bio-GNL et le gaz électronique. Par conséquent, la décarbonation du commerce mondial peut être considérée comme un défi colossal.
Ludovic Subran est un économiste en chef au sein du groupe Allianz.
Personne: Ludovic Subran
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