Opinion | Airbnb : préservons le développement touristique des régions
La proposition de loi qui vise à renforcer les règles concernant la location de logements meublés à des fins touristiques, y compris Airbnb, sera finalement adoptée en 2024. Cependant, il est une grave erreur de cibler ce type d'hébergement, car la location touristique contribue à l'attrait des territoires, souligne Emmanuel Marill.
Rien qu'en 2022, le tourisme sur Airbnb a contribué à la collecte de 148 millions d'euros de taxe de séjour pour près de 23 000 communes et établissements intercommunaux en France, dont près d'un tiers pour les communes rurales. Des centaines de milliers de personnes ont choisi de voyager en France avec Airbnb, ce qui a entraîné une consommation dans les commerces locaux et soutenu directement ou indirectement des milliers d'emplois non délocalisables dans différentes régions du pays.
En cette année-là, de nombreux ménages français ont bénéficié d'un revenu supplémentaire grâce à la location occasionnelle de leur logement, ce qui leur a permis de recevoir un 13e ou un 14e mois. Malheureusement, cette réalité est actuellement négligée dans les discussions de nos députés ces derniers jours.
La durée autorisée pour louer sa résidence principale est réduite de 120 à 90 jours, les particuliers qui louent occasionnellement leur logement sont confrontés à une augmentation de la fiscalité, il est possible de limiter arbitrairement le nombre de biens loués en meublé touristique, de nouvelles normes de performance énergétique sont mises en place de manière indifférenciée et selon un calendrier irréaliste.
Effets négatifs
En cumulant toutes les mesures réglementaires de la proposition de loi Le Meur, non seulement 92% des hôtes qui louent occasionnellement leur résidence principale ou secondaire risquent d'être pénalisés en complétant leurs revenus ou en rénovant leur bien, mais cela pourrait également nuire à une évolution positive qui, depuis la crise du Covid, a favorisé la croissance économique, l'emploi et l'attrait de nombreux territoires en France, des côtes aux campagnes en passant par les communes de montagne.
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Est-ce que les mesures proposées résoudront les problèmes auxquels de nombreux Français sont confrontés pour se loger ? Il est légitime d'en douter. France Urbaine et plus de 30 maires ont qualifié la proposition de loi en discussion de "mesures d'urgence" pour le logement dans une tribune ce week-end. Cependant, cette dernière ne semble étrangement pas s'attaquer aux causes structurelles principales de la crise du logement qui affecte de nombreux citoyens.
Parmi les problèmes rencontrés, on peut noter le manque de nouveaux logements construits, l'augmentation considérable du nombre de logements vacants – dépassant les 3 millions -, ainsi qu'un système fiscal qui décourage de nombreux propriétaires de louer leurs biens sur le long terme.
Il est important d'avoir des règles efficaces pour réguler les activités spéculatives afin de protéger l'accès au logement pour les résidents.
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Il existe déjà des mesures réglementaires efficaces, que nous soutenons, pour mettre fin à la prolifération des meublés touristiques. Malheureusement, peu de communes ont suivi l'exemple de Paris, Bordeaux, La Baule ou encore Toulouse en régulant leur offre de meublés touristiques grâce aux outils déjà prévus par la loi. Sur les 4 000 communes en zone tendue, seulement environ 250 ont adopté des règles locales pour contrôler cette offre.
Je fais appel aux législateurs qui étudient la proposition de loi : soutenez l'application du cadre actuel et protégez la location occasionnelle de meublés touristiques, qui a contribué à l'essor du tourisme local ces dernières années. Je vous assure que nous serons présents pour aider les municipalités à mettre en place les réglementations nécessaires, à les faire respecter et à déterminer l'avenir qu'elles souhaitent donner au tourisme dans leurs régions.
Emmanuel Marill occupe le poste de directeur pour l'Europe, le Moyen-Orient et l'Afrique au sein d'Airbnb.
Emmanuel Marill is a
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