Point de vue | Biogaz : surmontons les obstacles à sa croissance
Dans le but de réaliser les objectifs énergétiques, Olivier Aubert suggère trois actions visant à stimuler considérablement le développement du biogaz d'ici 2030.
La diminution de la dépendance envers les énergies fossiles et la promotion des énergies renouvelables sont des priorités majeures de la politique énergétique et climatique du gouvernement. Cela est une excellente nouvelle dont nous ne pouvons que nous réjouir.
Afin d'atteindre les objectifs ambitieux fixés par la Programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE), qui prévoit une production de 50 TWh de biogaz d'ici 2030, il est nécessaire d'intensifier nos efforts. Actuellement, la France produit 10,5 TWh de biogaz, ce qui signifie qu'il faudra ajouter en moyenne 5 TWh par an pour atteindre cet objectif. Cela implique donc de plus que tripler le rythme de déploiement des projets actuels.
En France, il existe un cadre réglementaire favorable à la méthanisation, car le pays dispose de nombreuses ressources. Cependant, il est nécessaire de prendre des mesures concrètes pour encourager le développement de l'industrie du biométhane. Trois solutions se démarquent.
Priorité aux contrats privés
Il est essentiel de favoriser les contrats privés. Comme dans le secteur du pétrole et du carburant, les fournisseurs de gaz naturel fossile devront inclure une quantité minimale de biométhane dans leur offre. Les fournisseurs d'électricité sont déjà soumis à cette obligation depuis une dizaine d'années grâce aux premières directives sur les énergies renouvelables. L'avantage de ce modèle est que le surcoût du biométhane est partiellement supporté par les consommateurs, ce qui les encourage à économiser de l'énergie. C'est le meilleur moyen de résoudre le problème du climat.
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De plus, les fournisseurs privés ont prouvé être plus fiables pour respecter les termes de leurs contrats, contrairement à l'Etat qui a malheureusement montré par le passé qu'il pouvait revenir sur ses engagements. Selon les nouvelles données du projet de décret sur la restitution des certificats de production de biogaz, la production de biométhane atteindra environ 1 TWh en 2026, 5 TWh en 2027 et 10 TWh en 2028. Cependant, même si l'injection de ces quantités dans le réseau est nécessaire, cela ne représentera que 20 % de l'objectif fixé par la PPE.
Pour augmenter la production de biométhane, il est nécessaire d'augmenter à la fois le nombre d'unités de production et la taille des usines. Les usines doivent être agrandies tout en restant décentralisées. Actuellement, les unités de production de biométhane en France sont en moyenne trois fois plus petites que celles de nos voisins européens et 10 à 15 fois plus petites qu'au Danemark. Cela constitue un défi majeur pour réduire les coûts de production. Il est courant de surestimer les nuisances potentielles liées à l'installation d'une infrastructure telle qu'une unité de méthanisation. Une unité de méthanisation de grande taille nécessiterait la mobilisation de 10 camions par jour (contre 2 ou 3 actuellement), soit moins que dans un supermarché.
Également à noter:
Le gouvernement souhaite accélérer ses efforts dans le domaine de l'énergie solaire et du biogaz.
Engie a annoncé son intention d'injecter 3 milliards d'euros dans le développement du biogaz d'ici à 2030.
Afin d'atteindre le but fixé par le gouvernement, il serait nécessaire de mettre en place entre 2 500 et 3 000 installations de méthanisation en l'espace de 7 ans, alors que seulement 700 installations ont été construites en 10 ans. En moyenne, nous construisons de 70 à 100 usines par an, mais pour combler ce retard, il faudrait augmenter ce chiffre à 300 (pour des structures de taille similaire) et à 100 pour des installations de plus grande envergure.
Pour parvenir à atteindre les objectifs fixés pour 2030, il est essentiel de réduire considérablement les délais d'approbation des projets. Actuellement, ces projets prennent en moyenne cinq ans pour se concrétiser, ce qui est beaucoup trop long. Il est donc impératif de raccourcir le temps de concertation avec les résidents locaux en combattant les idées préconçues, qui constituent l'un des principaux obstacles. Il est également nécessaire de simplifier les procédures administratives tout en maintenant un niveau de dialogue élevé.
Olivier Aubert occupe le poste de responsable du fonds SWIFT chez Swen, qui se concentre sur les énergies renouvelables.
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