Une nouvelle vision d'un monde sans énergies fossiles est présentée dans une exposition au Pavillon de l'Arsenal. Raphaël Ménard et Marion Waller exposent les implications concrètes de cette vision.
Comment serait un monde sans utilisation de pétrole, de charbon et de gaz ? La COP28 a souligné la nécessité d'une « transition vers des sources d'énergie non fossiles », étant donné que ces dernières représentent 77 % de la consommation mondiale d'énergie (et plus de 60 % en France).
En l'espace de 150 ans, leur développement a été extrêmement rapide, ce qui a entraîné une augmentation de quatre fois de la demande individuelle. En plus de cela, la population a quintuplé, ce qui a fait augmenter la consommation globale de 20 fois par rapport à l'époque préindustrielle. Étant habitués à un système basé sur l'extraction des ressources naturelles et dépendants des hydrocarbures, il est nécessaire que nous changions de direction.
Afin de se projeter dans l'avenir et visualiser à quoi pourrait ressembler notre monde, le Pavillon de l'Arsenal organise une exposition intitulée "Energies légères". Cette exposition invite toutes les personnes à imaginer un avenir sans énergies fossiles en proposant des maquettes, des projets et des idées novatrices.
Petits gestes
Ce changement nécessite avant tout de faire preuve de simplicité. Chaque fois que nous décidons de ne pas utiliser un moyen de transport motorisé, de baisser la température du chauffage, d'opter pour l'achat d'une voiture légère, de partager un objet ou de faire sécher notre linge à l'air libre et au soleil… tous ces gestes, aussi insignifiants soient-ils, ont un impact direct sur la demande énergétique ; ils entraînent moins de pollution, moins de CO2, moins de dépenses.
En France, il y a plus de 3 millions de foyers qui se trouvent dans une situation de précarité énergétique. Cette façon d'utiliser l'énergie de manière économe concerne principalement ceux qui consomment le plus, souvent les plus riches. Cette simplicité se traduit par des solutions peu coûteuses, accessibles à tous, comme des panneaux solaires à installer sur son balcon, un rideau thermique ou une cheminée solaire qui transforme les cheminées inutilisées.
Il est nécessaire de prendre des décisions à la fois au niveau individuel et au niveau des territoires, comme cela a été fait avec le récent plan Climat adopté par le Conseil de Paris. Ce plan vise à réduire de moitié la consommation d'énergie de la capitale et à atteindre 100 % d'énergies renouvelables d'ici 2050.
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Au milieu du XIXe siècle, la France comptait 9 000 moulins, soit autant que d'éoliennes aujourd'hui. Bien que les moulins anciens étaient moins performants, ils avaient un impact visuel limité en raison de leur plus petite taille. Cela soulève un dilemme : préférons-nous quelques grandes structures ou une distribution de structures plus petites, comme l'éolienne conçue par l'architecte Renzo Piano, pour une même production ?
En général, les énergies solaires, éoliennes et hydrauliques doivent être utilisées sur de vastes territoires, avec une grande diversité de systèmes tels que des éoliennes et des fermes solaires. Ces nouveaux "paysages de l'énergie" sont actuellement sujets à débat et controverses, mais ils peuvent être réussis si l'on fait appel aux compétences des architectes, ingénieurs, urbanistes et paysagistes. Ils peuvent devenir de nouveaux espaces pour la créativité architecturale et s'intégrer harmonieusement dans le paysage français, en particulier si l'on privilégie les surfaces déjà artificialisées (environ 700 m² par Français) pour leur installation, afin de préserver les espaces naturels.
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Dans les années à venir en France, il est probable que de nombreuses éoliennes seront installées, peu importe notre succès dans notre quête de sobriété. Des centaines de millions de mètres carrés de panneaux solaires seront déployés et des milliers de kilomètres de réseaux d'énergie seront transformés.
Il est essentiel que nous nous préoccupions tous de rendre l'énergie visible, afin d'éviter que les architectures et les paysages ne soient transformés par des objets préfabriqués. Pour nous libérer des hydrocarbures, nous devons adopter une approche simple, légère et esthétique. En réussissant ce défi, nous pourrons réparer et préserver un monde fortement influencé par les énergies fossiles, tout en nous adaptant au changement climatique et en préservant la vie.
Raphaël Ménard, qui est à la fois architecte et ingénieur, a été choisi pour être le commissaire de l'exposition intitulée « Energies légères ».
Marion Waller occupe le poste de directrice générale au sein du Pavillon de l'Arsenal.
* Cette exposition se tiendra au Pavillon de l'Arsenal à Paris jusqu'au 17 mars 2024.
Raphaël Ménard et Marion Waller
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