Point de vue | Entrepreneurs : en première position
Tout comme les professions essentielles pendant la période de pandémie, les entrepreneurs occupent une position de premier plan dans l'économie française, selon les dires de Benjamin Djiane. Par conséquent, il est impératif que les autorités publiques les rassurent et les soutiennent.
Par Benjamin Djiane (l'un des fondateurs de l'agence Braintrust)
L'OCDE vient d'abaisser ses prévisions économiques pour 2024, annonçant une croissance faible d'environ 0,9%, tandis que l'inflation continuera à avoir un impact sur la consommation des Français, bien que dans une moindre mesure. On pourrait se résigner à accepter cette situation, en se disant que cela est dû aux tensions internationales croissantes ou à l'épuisement du moteur franco-allemand, et que les mois à venir ne seront qu'une série de mauvaises nouvelles.
Cependant, si on observe attentivement, il existe en France des signes économiques prometteurs. Le plus puissant d'entre eux, qui est présent dans tous les milieux sociaux français, des quartiers populaires aux institutions d'enseignement supérieur, est la volonté d'entreprendre, qui n'a jamais été aussi forte dans notre pays. Une enquête récente de la BPI a révélé qu'un quart des Français considère la création d'une entreprise comme un choix de carrière idéal.
Cette tendance est encore plus prononcée, presque un sur deux, parmi les générations les plus jeunes. Cette aspiration à entreprendre, dans un pays souvent décrit comme déprimé et pessimiste, reflète un désir plus profond : être libre, poursuivre ses rêves, suivre sa propre voie. Ces "jeunes" souvent stéréotypés : ils seraient les premiers à abandonner facilement, les premiers à pratiquer le "quiet quitting", les moins motivés, expriment en réalité un fort désir personnel : travailler d'une manière différente, mais travailler quand même.
Phénomène schumpétérien
Cette fascination pour l'entrepreneuriat se produit à un moment crucial de l'histoire. Nous vivons l'une de ces grandes périodes d'innovation qui bouleversent tout un système de production et le placent dans un autre paradigme. Nous sommes clairement dans une ère schumpétérienne : nous devons rapidement réfléchir à l'après-énergies fossiles, ainsi qu'à la manière de favoriser une cohabitation harmonieuse entre l'homme et l'intelligence artificielle. De plus, il est primordial de saisir ces opportunités que le monde entier est en train d'exploiter, particulièrement en France.
Titre: Intrapreneuriat: remise en question de la destruction créatrice
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Il est important que les responsables politiques prennent conscience de cela. Ils doivent comprendre que, dans cette période de crise annoncée, les entrepreneurs sont appelés à être en première ligne, tout comme de nombreux autres métiers l'ont été lors de la crise sanitaire. Il est essentiel de reconnaître les doutes et de soulager les contraintes de cette première ligne. Il est normal de prendre des risques en entreprenant, mais ce qui est anormal, c'est que chaque initiative entrepreneuriale soit constamment entravée par des difficultés administratives telles que les démarches de création, les demandes de subventions, les procédures de recrutement, etc. Bien que des mesures aient été prises, il reste encore beaucoup à faire.
La sécurité et la souplesse
Malgré les efforts déployés, la nation des start-up n'est pas encore une réalité. Il lui manque une avancée fondamentale. Si le XXe siècle s'est concentré sur la protection et les droits sociaux des travailleurs et des employés, nous devons maintenant, au XXIe siècle, répondre aux attentes des jeunes générations en garantissant la flexibilité et la sécurité des entrepreneurs. La sécurité implique avant tout une reconnaissance sociale de l'échec. Essayer et échouer est une expérience d'apprentissage comme une autre.
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Cela garantit également des droits essentiels tels que la facilité de louer un logement ou de souscrire à une assurance prévoyance. De plus, cela concerne également la fiscalité : il est important d'encourager la réussite tout au long de sa vie – il faut pouvoir profiter de sa propre fortune accumulée grâce à ses efforts de son vivant ; l'héritage devrait être le principal mécanisme de redistribution. Ainsi, que 2024 ne soit pas une année de crise, mais une année de reprise pour l'entrepreneuriat français.
Benjamin Djiane exerce en tant qu'entrepreneur et fait partie des cofondateurs de l'agence braintrust.
Benjamin Djiane est l
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