Point de vue | Adoptons une attitude positive envers l'optimisme
Plutôt que de se laisser submerger par ses inquiétudes, Vincent Champain préfère prendre du recul et analyser les données statistiques. Il sait que ressasser ses angoisses ne conduit jamais à les dissiper.
Écrit par Vincent Champain, un dirigeant d'entreprise et président de l'Observatoire du Long Terme.
En fin d'année 2023, le monde était confronté à des problèmes tels que le risque de guerre, le terrorisme, le chômage, la baisse du pouvoir d'achat et le dérèglement climatique. Cependant, malgré ces défis, il existe d'autres sujets qui peuvent nous rendre plus optimistes. Par exemple, selon l'Insee, l'inflation devrait revenir à 2,6% mi-2024. De plus, des domaines tels que l'énergie, l'alimentation, la santé et l'éducation représentent 40% des dépenses des ménages. Ainsi, notre modèle économique protège davantage le pouvoir d'achat par rapport à d'autres pays.
Bien sûr, il existe un risque que les services publics subissent une "shrinkflation" (payer autant pour recevoir moins), mais notre secteur non marchand offre des possibilités de réaffectation inconnues ailleurs compte tenu de sa taille : même si l'homéopathie n'est plus remboursée depuis 2021 après quarante-sept ans de déficits publics, les cures thermales le sont toujours. Les statistiques sur trente ans montrent une diminution des homicides volontaires, des accidents de la route et des vols avec violence. Bien que les enquêtes de victimisation révèlent une détérioration récente, il y a des possibilités d'amélioration prometteuses dans le fonctionnement de la police et de la justice.
En ce qui concerne l'emploi, les mesures de réduction des taxes sur le travail et des réglementations rigides mises en place au cours des trente dernières années ont permis de réduire le chômage au niveau de 1982. On peut regretter que le modèle français de "flexisécurité" ait accordé plus de flexibilité aux emplois qu'à la sécurité des travailleurs éloignés de l'emploi, mais cela peut également être une source d'espoir : si nous investissons les ressources nécessaires, nous pouvons augmenter notre taux d'emploi de 10 points et bénéficier d'une augmentation d'activité et de recettes publiques.
L'innovation ne s'arrête pas : de plus en plus souvent, le Sida ou le cancer deviennent des maladies chroniques, et nous avons encore beaucoup à gagner grâce à l'ARN messager ou à la médecine personnalisée. La loi de Moore, qui prédit une augmentation exponentielle des capacités de calcul, atteindra ses limites physiques, mais le "more than Moore" nous offre encore des décennies d'améliorations, en particulier grâce à des architectures de circuits en trois dimensions.
Jusqu'à présent, l'efficacité énergétique du numérique a été négligée car on préférait économiser le travail des développeurs même si cela signifiait consommer plus de puissance informatique. Cependant, si les prix de l'heure de programmation et de la tonne de carbone s'inversent, cela nous incitera à optimiser l'efficacité énergétique du numérique, ce qui entraînera une augmentation du travail des développeurs, toutes choses étant égales par ailleurs. De plus, nous n'avons qu'effleuré le potentiel de l'intelligence artificielle, qui nous permettra de nous concentrer sur les nombreuses tâches pour lesquelles elle n'est pas adaptée ou ne devrait pas être utilisée.
En outre, il est également important de noter que la France a atteint un jalon significatif en dépassant le nombre d'un million de voitures électriques
L'année 2024 est à la fois une période de grands défis et de grandes opportunités.
Au niveau mondial, les inégalités, l'espérance de vie et l'accès aux soins et à l'éducation ont continué de s'améliorer. La mortalité infantile a diminué de 45 % en vingt ans et les scénarios les plus pessimistes de surpopulation s'éloignent : le nombre moyen d'enfants par femme est passé de 4,6 en 1972 à 2,3 actuellement (7 à 4 pour les pays les moins développés). Bien sûr, l'humanité doit faire face au défi du changement climatique et trouver des solutions qui sont en partie encore inconnues. Cependant, cette part diminue : l'Agence Internationale pour l'énergie a estimé en 2021 que 50 % des réductions d'émissions nécessiteraient des technologies qui ne sont pas encore disponibles. Maintenant, ce pourcentage est de 35 %. De plus, nous n'avons pas encore exploité tout le potentiel des solutions que nous connaissons : chaque réacteur nucléaire EPR mis en service aurait le même impact que l'interdiction de toute circulation automobile en Île-de-France.
Il est inutile de ressasser nos angoisses, cela ne fera que les renforcer. Il est préférable de prendre du recul en regardant les faits statistiques. Ensuite, il est important de trouver des solutions adaptées, sans se laisser influencer par ceux qui cherchent à amplifier nos doutes afin de nous diviser et nous empêcher d'agir. Le « Washington Post » a révélé fin 2023 que certains pays utilisent cette méthode pour déstabiliser. Il est intéressant de noter que les jeunes qui ont grandi avec les réseaux sociaux ont une vision plus critique de cette source d'information, ce qui nous donne une raison supplémentaire d'être optimistes pour l'avenir de la France.
Vincent Champain exerce des fonctions de direction au sein d'une entreprise et occupe le poste de président de l'Observatoire du long terme.
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