L'analphabétisme environnemental
La moitié des individus qui sont extrêmement inquiets quant aux problèmes climatiques ont une connaissance limitée voire nulle de ces enjeux. Il est crucial de mettre en place d'importantes campagnes afin de garantir à la population son droit à une information précise et efficace.
Selon Ludovic Subran, qui occupe le poste de Chef Economiste au sein du groupe Allianz, il
Il y a deux ans, notre première enquête sur la culture climatique a révélé un manque préoccupant de compréhension, malgré les efforts des médias, des campagnes de sensibilisation et des mouvements sociaux. Cette année, les résultats indiquent une baisse inquiétante des connaissances sur le climat.
En France, il est préoccupant de constater que moins de 15 % des personnes interrogées ont répondu correctement à 7 des 10 questions posées. Ces résultats sont inquiétants car la lutte contre le changement climatique dépend directement de la compréhension de celui-ci. Les personnes bien informées sur le climat ont quatre fois plus de chances de s'engager dans des actions visant à atténuer les effets. Cependant, il est paradoxal de constater que le discours urgent sur le climat peut à la fois inciter à l'action ceux qui possèdent des connaissances élevées, mais également décourager ceux qui, bien qu'anxieux face au climat, manquent de connaissances.
Relation entre l'anxiété et l'ignorance climatique
Il est important de prendre en compte la relation complexe qui existe entre l'anxiété liée au changement climatique et le manque de connaissances dans ce domaine. Il est surprenant de constater que près de la moitié des personnes extrêmement préoccupées par le changement climatique ont peu ou aucune connaissance à ce sujet. Les émotions jouent également un rôle essentiel dans l'engagement envers la lutte contre le changement climatique, pouvant soit motiver soit freiner l'action. Par ailleurs, une simplification excessive des politiques climatiques, similaire à celle observée dans les politiques de santé publique durant la pandémie, peut entraîner des réactions extrêmes, y compris un désengagement.
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Devant la gravité et la complexité de la situation, il est essentiel de mettre en place d'importantes campagnes de communication et d'information sur le climat afin de garantir à la population un accès à une information claire et efficace. Au lieu de se focaliser uniquement sur les aspects économiques, les risques et les défis liés à la réduction des émissions de carbone, il est temps de développer des outils de simulation pour permettre à chacun de prendre conscience des conséquences du changement climatique et de s'y adapter.
Baisse de volonté
Les effets du changement climatique se font déjà ressentir, ce qui entraîne une diminution de la volonté de lutter contre celui-ci au profit de préoccupations économiques immédiates. Les subventions accordées aux énergies fossiles ont augmenté, ce qui souligne l'importance de convaincre les électeurs de la nécessité d'une transition énergétique. Pour y parvenir, les décideurs politiques doivent placer la science au cœur de leurs politiques, en présentant le changement climatique comme une question de santé publique. De plus, ils doivent mettre en avant les bénéfices économiques à court et à long terme de la transition vers des énergies vertes.
Il est essentiel d'avoir des mesures financières incitatives pour encourager les personnes qui sont intéressées par les bénéfices à court terme et les combustibles fossiles à se mobiliser pour réduire les émissions de carbone. En plus de cela, les responsables politiques devraient envisager de mettre en place des programmes de formation rémunérés pour aider les travailleurs à faire la transition vers une économie énergétique plus durable, tout en offrant des incitations financières aux ménages pour qu'ils abandonnent les véhicules fonctionnant aux combustibles fossiles.
Alors que les élites mondiales se réunissent à Davos, l'intelligence artificielle a pris le devant de la scène, reléguant la transition écologique au second plan. Cependant, nous avons dépassé le point où une transition économique en douceur était possible. Bien qu'une transition réussie reste envisageable, les compromis nécessaires seront de plus en plus coûteux et difficiles à accepter. C'est peut-être pour cette raison que ce sujet n'est plus à la mode, car il implique des changements dans notre façon de se loger, de se déplacer et de se nourrir. De plus, il est également considéré comme dangereux car certains partis politiques exploitent le populisme climatique à des fins électorales. Alors que les élections européennes approchent, il est important de continuer à sensibiliser sur l'économie verte.
Ludovic Subran occupe le poste de chef économiste au sein du groupe Allianz.
Mon nom est Ludovic Subran
Quelles sont les clés pour s'adapter dans un environnement complexe ?
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