Point de vue | Pour renforcer la solidarité nationale, il est essentiel de rétablir les liens sociaux entre les citoyens français. Malgré les multiples atouts de la France, ses résidents semblent avoir perdu leur optimisme pour l'avenir. Afin de remédier à cette situation, Charles-Antoyne Hurstel soutient qu'il est nécessaire de reconstruire ce lien social en se concentrant sur trois axes principaux : le contrat social, le service public et la contribution universelle.
En tant que principale puissance agricole en Europe, deuxième puissance industrielle en Europe, pays touristique le plus visité au monde, quatrième rang mondial en nombre de grandes multinationales, une position de premier plan à l'ONU et quatrième pays le plus récompensé en nombre de prix Nobel, la France a indéniablement été une grande puissance depuis longtemps. Cependant, une question demeure : pourquoi les Français ressentent-ils un profond malaise ? Pourquoi sont-ils si déprimés ? Comment avons-nous perdu toute confiance en notre capacité à relever les défis futurs ?
Il n'existe évidemment pas de solution magique pour remédier à la tristesse des Français et la route à parcourir sera longue et compliquée. Cependant, essayons de proposer trois idées après le discours présidentiel intitulé "rendez-vous avec la Nation". Il est essentiel de retrouver un objectif de vie commun. Selon Ernest Renan, c'est la première condition pour former une nation : "le désir de vivre ensemble, la volonté de continuer à faire valoir l'héritage que nous avons reçu en commun". Notre pays possède de nombreux atouts et des forces vives, mais il manque un élan qui dépasse les intérêts personnels de nos concitoyens. Répondre aux intérêts individuels au détriment des intérêts collectifs ne nous permet plus de construire ensemble un avenir commun.
Il est donc essentiel de reconstruire ce lien social en se concentrant sur trois points clés : le contrat social, le service public et la contribution universelle. Le contrat social garantit l'égalité et la liberté en échange de la renonciation de ses droits individuels au profit de la communauté. Cela peut sembler simple en théorie, mais il est difficile à mettre en pratique en raison d'une vision dépassée de notre pays. Il est donc crucial de faire passer un message fort en faveur du contrat social aux personnes les plus vulnérables de notre société afin de rompre avec cette idée qui est désormais obsolète.
Faciliter les relations avec l'administration
Ces dernières années, le nombre de personnes travaillant sur des plateformes a considérablement augmenté. Cependant, malgré leur travail évident, tous ne sont pas considérés comme des salariés. En décembre dernier, la France a refusé de reconnaître le statut de salarié à ces centaines de milliers de personnes. Ces professionnels, qui proviennent principalement de milieux populaires, se voient donc privés de congés payés, de protection sociale, d'assurance chômage et d'autres avantages sociaux. Une question se pose alors : pourquoi ces jeunes voudraient-ils accepter le contrat social et renoncer à une partie de leurs droits envers la société si l'État ne leur offre pas la contrepartie minimale qui leur est due en tant que travailleurs dans leur situation ? Il est temps de régulariser les contrats de travail de ces travailleurs et de mettre fin aux avantages injustifiés accordés à ces plateformes qui menacent le modèle traditionnel français.
Titre:
Travailleurs des plateformes : un aperçu de « Juridic Park »
Résumé:
Dans cette chronique, nous allons examiner la situation des travailleurs des plateformes et explorer
Le modèle Uber et Deliveroo est sévèrement touché par les décisions prises par Bruxelles en matière de droit du travail.
On dit souvent que le service public est la propriété de ceux qui en sont dépourvus. Malheureusement, cette idée a perdu de sa valeur au fil du temps, et les personnes les moins favorisées en ont de moins en moins. Par souci économique, l'Etat a progressivement éloigné les services publics des utilisateurs. Ce fossé a créé une méfiance envers notre administration : les impôts et les cotisations sociales ne cessent d'augmenter et pourtant la qualité des services publics diminue.
Augmentons le nombre de gares (en 1933, il y en avait 12 511 en France, contre seulement 2 880 aujourd'hui), ouvrons plus de bureaux de postes, et renforçons la présence des tribunaux (le délai moyen de jugement d'une affaire civile est passé de sept mois en 2005 à 14 mois en 2019). L'objectif est de rapprocher notre administration de ses citoyens afin que l'État puisse réaffirmer son véritable rôle. Cette réforme offre l'opportunité à l'État de tenir sa promesse de 1946 : tout bien ou entreprise ayant les caractéristiques d'un service public national doit appartenir à la collectivité.
Participation pour tous
Enfin, il est évident que ces droits ne peuvent exister sans responsabilité. Et la première responsabilité est de payer des impôts. On estime qu'il y a environ 2,5 millions de Français vivant à l'étranger. Ces 2,5 millions de Français, qui ont un passeport français, bénéficient de nombreux avantages sans avoir à payer d'impôts en France. Tout ne se résume pas à l'économie et aux calculs, mais la cohésion nationale se construit également grâce à l'effort collectif. Ainsi, toute personne possédant un passeport français devrait contribuer, même modestement, à cette solidarité nationale.
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Pour donner un nouvel élan à notre République et lui assurer un avenir prometteur, il est essentiel de respecter un contrat social solide, de dynamiser les services publics avec une vision ambitieuse et de favoriser une contribution universelle pour renforcer la cohésion sociale. Nous devons être fiers non seulement de l'histoire de la France, mais surtout de la France de demain. Comme le disait Renan, ce qui distingue la France, ce n'est ni la race, ni la langue, mais une communauté d'idées, d'intérêts, d'affections, de souvenirs et d'espérances. C'est cela qui constitue notre patrie. Espérons que cela se concrétise.
Charles-Antoyne Hurstel travaille pour une organisation financière mondiale et se spécialise dans le secteur public et les infrastructures.
Personne nommée Charles-Antoyne Hurst
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Point de vue | Afin de renforcer le sentiment d'appartenance nationale, il est essentiel de restaurer les liens sociaux entre les citoyens français.
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Point de vue | Il est nécessaire de redonner une nouvelle vie aux territoires.
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