Point de vue | L'Europe n'a pas encore réussi à se sortir de la situation de la dette
Il est positif de constater que l'Europe revient à un Pacte de Stabilité qui promeut la rigueur économique. Cependant, il est essentiel que l'Europe prenne les mesures nécessaires pour maintenir un système productif qui soit compétitif à l'échelle mondiale, souligne Jean-François Serval.
Écrit par Jean-François Serval, qui est le fondateur du groupe Audit Serval.
Le 20 décembre dernier, les pays membres de l'Union européenne ont réussi à se mettre d'accord sur la restauration des règles du Pacte de Stabilité et de Croissance, qui établit les règles budgétaires des pays européens depuis 1997. En raison de la crise sanitaire en 2020 et de la guerre en Ukraine, l'UE avait accordé une suspension des règles communautaires jusqu'au 1er janvier 2024. Cela représente un défi pour la France, qui s'est engagée à ramener son déficit en dessous de 3% d'ici 2027, alors qu'il était de 4,9% en 2023 après trois années de dérive budgétaire.
Pendant ces trois années où les règles étaient suspendues, les déficits publics ont augmenté dans le monde entier et une politique de hausse des taux a été mise en place pour contrer l'inflation. Cette inflation était causée par une augmentation de la masse monétaire qui dépassait les besoins des échanges, mais cela n'a pas perturbé la croissance fragile des économies occidentales. La question qui se pose maintenant est de savoir jusqu'où nous pouvons accumuler de la dette sans mettre en péril le système économique qui la produit.
Revoir notre perspective
Cette question nous incite à revoir notre perspective sur les forces qui impulsent l'économie. Bien que l'établissement de ratios d'équilibre puisse être nécessaire pour guider l'action des acteurs économiques, cela ne constitue en soi aucune valeur de référence absolue. La seule réalité incontestable de l'activité économique est le volume des échanges qui se déroule en dehors des politiques régies par des ratios et des indices mis en place par les autorités publiques.
Par conséquent, même si la récente augmentation des taux a eu un impact sur un marché immobilier surchauffé, elle n'a pas vraiment réduit le nombre d'échanges dans l'ensemble. Ainsi, il est important de considérer l'économie réelle comme un espace ouvert et mondial où les échanges se déroulent selon leur propre dynamique, indépendamment des caractéristiques propres aux différentes grandes zones économiques.
Informations supplémentaires :
Les Vingt-Sept pays membres de l'Union européenne se rapprochent de la fin du Pacte de stabilité.
Les pays de l'Europe de l'Est sont confrontés à un problème de dépendance à l'Allemagne et aux énergies fossiles.
Pour cette raison, l'argent circule naturellement vers les endroits où les marchés financiers sont les plus développés, ceux où il y a le plus d'argent disponible à travers une monnaie universellement acceptée, qui est principalement le dollar. De plus, le dollar bénéficie de son statut de valeur sûre pendant les périodes de tensions géopolitiques intenses.
La capacité de résistance surprenante
On peut mieux comprendre la capacité de résistance surprenante des économies occidentales qui, malgré un niveau de dette incontrôlable, maintiennent une certaine vitalité économique grâce à leur manque de rigueur budgétaire, malgré la menace persistante d'une crise qui pourrait les affaiblir.
Le système économique actuel, qui fonctionne grâce à un flux continu d'argent, n'a pas inventé le mouvement perpétuel. Il est étroitement lié au rythme des échanges et est vulnérable aux ralentissements de l'activité. Dans un monde de plus en plus instable, les risques de crise aiguë se multiplient. Pour répondre à la question posée, il n'y a pas de limite à la dette, tant qu'il y a une production de biens accompagnée d'un niveau d'échanges qui maintient la dynamique globale.
Il est également intéressant de lire l'opinion suivante : l'importance de l'intégration des marchés de capitaux en Europe.
Les pays situés au centre de l'Europe voient leur compétitivité diminuer.
Le défi principal des économies occidentales est la production. C'est également un élément essentiel de la question monétaire. Aucune mesure ne pourra résoudre le problème de la dette dans l'économie mondiale sans une augmentation constante de la production. Pour y parvenir, il est nécessaire de réorganiser le système productif en mettant en place une réforme monétaire qui dirige les liquidités, qui alimentent artificiellement l'économie spéculative, vers des investissements productifs. Ces investissements sont essentiels pour faire face aux changements technologiques, sociaux et écologiques que nous traversons, et ils sont pratiquement illimités.
À lire également:
L'inflation aide l'Europe à réduire rapidement sa dette.
Le fait que l'Europe revienne à un Pacte de Stabilité, qui remet en valeur l'importance de la rigueur dans l'Union monétaire, est positif en soi. Cependant, cela n'a de sens que si l'Europe se donne les moyens de maintenir un système productif compétitif à l'échelle mondiale. Sinon, cela risque de devenir simplement une nouvelle régulation technocratique stérile.
Jean-François Serval occupe le poste de président au sein de Groupe Audit Serval.
Personne nommée Jean-François S
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