Point de vue | Santé : en quête d'investisseurs privés
En plus des fonds publics, il est essentiel d'utiliser l'épargne des citoyens français pour financer les investissements dans le domaine de la santé, font remarquer ces experts du groupe de travail de l'Académie nationale de médecine. Il est donc primordial de convaincre que ces financements sont à l'origine de la création de richesses et qu'ils sont indispensables pour le développement du pays.
Par un groupe de personnes qui
Le domaine de l'innovation en matière de santé englobe diverses activités telles que la découverte de nouveaux médicaments, le développement de nouvelles stratégies de diagnostic et de traitement, la création de dispositifs médicaux novateurs et l'amélioration de la qualité des soins. Cette question est d'une importance capitale pour la santé publique à l'échelle nationale. Un des aspects fondamentaux de cette innovation réside dans le respect des principes éthiques énoncés par la réglementation spécifique à la recherche sur les personnes, ainsi que dans la prise en compte de la réalité clinique.
Au cours des vingt dernières années, les autorités publiques ont grandement encouragé l'innovation en mettant en place des initiatives telles que les Programmes d'Investissement d'Avenir et le Plan France 2030. Ces efforts ont indéniablement joué un rôle important dans les progrès remarquables réalisés par les offices de transfert de technologie, comme en témoignent leurs résultats prometteurs.
Pourtant, malgré ces réussites, un problème persiste : il est difficile de transformer les avancées en biologie de la santé en succès économiques. Même si le gouvernement investit beaucoup dans l'innovation dans le domaine de la santé, les investisseurs privés restent réticents à répondre à cet appel. Comment pouvons-nous les convaincre que la santé peut être un secteur d'investissement rentable ?
Encourager la recherche fondamentale
Le rapport récemment publié par l'Académie nationale de médecine sur les avancées en matière de santé propose quelques suggestions. Tout d'abord, il est essentiel de renforcer la recherche fondamentale, car elle est à l'origine des innovations médicales et pharmaceutiques. Les progrès remarquables réalisés en cancérologie ne seraient pas possibles sans des recherches approfondies en chimie, physique, génétique, biologie du développement et immunologie. À l'avenir, il y a un risque de tarissement de l'innovation en raison d'un financement insuffisant de la recherche et du manque de soutien aux chercheurs. Cette situation se traduit déjà par une diminution du nombre de candidats chercheurs et ingénieurs, principalement en raison de salaires bien inférieurs à ceux des pays européens comparables.
Également à lire:
ENTRETIEN – Le PDG de Sanofi défend la nécessité de rémunérer l'innovation à sa juste valeur.
Une nouvelle initiative en matière d'innovation dans le domaine de la santé a vu le jour à Besançon grâce à l'événement Hacking Health, donnant ainsi naissance
Il est crucial de mettre en place une réforme ambitieuse du système français, en mettant l'accent sur la transparence et la simplification des organisations. Il est essentiel de donner plus d'autonomie aux universités et de consolider les institutions de recherche en les regroupant au sein d'une structure commune qui rassemble les agences responsables des programmes, du financement et de la valorisation. Cette approche favorisera une politique scientifique efficace qui s'aligne sur une vision européenne.
L'innovation en santé est par essence interdisciplinaire, mais elle a du mal à émerger en raison de la multiplicité des organismes qui rendent le système peu lisible pour les chercheurs, les cliniciens, les industriels et les investisseurs. Cette situation entraîne une complexité administrative croissante, des négociations interminables pour les start-up, une dispersion des ressources et une compétition contre-productive entre les différents acteurs de la valorisation. De plus, cette fragmentation décisionnelle peut soutenir des projets sans viabilité économique ni réalité sur le marché, et sans applicabilité clinique.
Promotion d'une mentalité favorable au risque
Il est également essentiel de prendre des mesures techniques pour apaiser les inquiétudes des investisseurs. Cela inclut des ajustements fiscaux, une réduction des délais de conclusion des contrats, l'adoption généralisée d'un mandataire unique et une harmonisation des taux de redevance afin de stimuler l'investissement privé. De plus, le développement de plates-formes technologiques académiques peut contribuer à atténuer les risques liés aux développements biotechnologiques et cliniques, en particulier dans le domaine des médicaments.
Cependant, il y a un autre défi qui persiste : il est difficile d'amener les pouvoirs publics et les investisseurs à comprendre le risque. En effet, les investissements nécessaires pour la recherche et l'innovation dans le domaine de la santé exigent un changement de mentalité. Car innover dans le domaine de la santé comporte des risques et nécessite des investissements importants ; plus de 2,5 milliards d'euros sont nécessaires pour développer un nouveau médicament. Cependant, les ménages français sont les plus grands épargnants en Europe tandis que les institutions bancaires sont réticentes à investir dans des projets risqués.
Il est donc important de persuader et de montrer que les investissements dans le secteur de la santé nous affectent directement, qu'ils sont essentiels pour générer de la valeur et qu'ils sont indispensables pour le progrès de notre pays. Cela a un impact direct sur la santé de nos citoyens ainsi que sur la souveraineté de la France et de l'Europe.
Les personnes qui ont apposé leur signature
Christian Boitard, Bruno Clément, Patrick Couvreur, Arnold Migus et Patrick Netter font partie du comité de travail de l'Académie nationale de médecine.
Article collectif
Nouveauté : découvrez nos offres haut de gamme !
Nos vidéos
Des agriculteurs italiens se dirigent vers Rome pour exprimer leurs revendications
L'agriculture : 1 000 tracteurs bloquent le quartier européen de Bruxelles
Des agriculteurs à Rungis : "Nos dirigeants ne doivent pas penser que nous allons nous endormir"
La NASA dévoile des images incroyables de galaxies en spirale
Les articles les plus lus
Opinion | Trains de nuit : un retour en grâce, est-ce réellement le cas ?
Opinion | CSRD : vers un nouveau modèle de performance des entreprises
Opinion | Crise agricole : réduire le nombre de normes de moitié !
En première page
Gaz : pourquoi la stabilité des factures n'est pas garantie
Le gouvernement Attal : Les Républicains craignent de nouveaux débauchages
JO : Paris 2024 conteste toute irrégularité dans la rémunération de Tony Estanguet
Rubrique
Opinion | Santé : à la recherche d'investisseurs privés
Opinion | Taux de chômage et inflation : la fin de la courbe de Phillips ?
Opinion | Taïwan : la menace de l'énergie
Pratique
P
La formation
Copyright © 2024 – Tous droits réservés par Les Echos.






