TotalEnergies joue un rôle essentiel pour la France. Avec un bénéfice de 20 milliards d'euros, il est crucial de placer la transition énergétique en priorité, en veillant à ne pas pénaliser les consommateurs tant qu'il n'y a pas d'alternative au pétrole.
Par moi-même, Dominique Se
Est-ce bénéfique pour la France d'avoir trois entreprises énergétiques leaders en Europe, voire dans le monde ? La question se pose en écoutant parfois les débats publics et politiques dans notre pays ! Les opposants au nucléaire critiquent EDF. Ceux qui sont contre le gaz dénigrent Engie (sauf en ce qui concerne les énergies renouvelables). Et bien sûr, TotalEnergies reçoit de nombreux votes négatifs pour son rôle dans les hydrocarbures.
Ce mercredi, les résultats 2023 du groupe pétrolier -records- ont été publiés, montrant que la controverse (qui était modérée cette année) a pris une tournure différente. Il y a 5 ans, l'attention était portée sur le niveau des bénéfices, comparés à l'impact sur les prix à la pompe pour le grand public. Ou encore sur la contribution fiscale de l'entreprise. Maintenant, c'est principalement la question climatique qui est au premier plan, ce qui est légitime en soi.
En fait, il n'est pas nécessaire de se préoccuper des détails insignifiants : il est important d'avoir des leaders performants dans l'un des domaines les plus cruciaux pour notre avenir collectif et celui de nos enfants, à savoir l'énergie. Cependant, cela ne signifie pas qu'il ne faut pas remettre en question leur stratégie à court, moyen et long terme, ainsi que leurs activités professionnelles. Voici un aperçu rapide des questions les plus fréquemment abordées.
Est-ce choquant que les résultats de TE soient si élevés ? Il est étonnant que le niveau des profits (21,4 milliards de dollars, 19,9 milliards d'euros) soit rarement comparé au chiffre d'affaires de l'entreprise (237 milliards de dollars). Ces profits sont principalement générés en dehors de la France. Aux États-Unis, Chevon et Exxon réalisent des bénéfices similaires, atteignant 57 milliards de dollars à eux deux.
Est-ce que la France a besoin de grandes entreprises prospères ? Absolument. Des entreprises comme BNP Paribas, L'Oréal, LVMH (qui possède Les Echos), Thalès, Schneider, Axa, et bien sûr TotalEnergies, sont des marques mondialement connues. Ces groupes puissants se sont formés au cours des trente dernières années et il est préférable qu'ils restent en bonne santé plutôt que de faire faillite.
La question de savoir s'il faut agir sur l'offre ou la demande pour réduire l'utilisation des énergies fossiles est un débat sans fin. Si nous réduisons la production de pétrole de force, mais que les consommateurs continuent de demander du pétrole, les prix augmentent rapidement : nous l'avons vu avec les manifestations des Gilets Jaunes et des agriculteurs. Que cela nous plaise ou non (et nous pouvons le regretter), la transition ne se fera pas en allant à l'encontre des clients.
Est-ce que TotalEnergies en fait suffisamment pour la transition ? Selon Valérie Masson-Delmotte, ancienne responsable du Giec, qui témoigne devant la commission sénatoriale chargée de ce sujet, les scientifiques donnent une note de 10/20 au groupe français. L'économiste Patrice Geoffron le considère comme faisant partie du groupe de tête d'un train lent. Cependant, il est clair qu'il est nécessaire de faire davantage !
Quelle est la perspective d'avenir pour les entreprises pétrolières dans 20 ans ? Selon un économiste spécialisé dans l'énergie à Paris-Dauphine, il n'y a pas de scénario favorable pour ces entreprises du point de vue du capitalisme. Si la présence des hydrocarbures se maintient, les conséquences du dérèglement climatique seront si importantes que cela entraînera la destruction du monde et de l'économie. On se demande alors quand on doit prendre en compte les perspectives à long terme.
L'évolution rapide vers une mobilité décarbonée déterminera l'avenir du pétrole. Au cours des deux dernières années, la consommation de carburants a diminué en France, mais elle continue d'augmenter en Asie. En plus de l'énergie solaire, Patrick Pouyanné voit le gaz comme une énergie de transition (GNL). Que se serait-il passé sans lui et Engie après la guerre en Ukraine ?
Dominique Seux est l
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