Attention aux personnes qui tentent de manipuler le climat !
Le sixième rapport du GIEC aborde pour la première fois les techniques visant à éliminer le CO 2 en excès dans l'atmosphère. Cependant, les expériences de géo-ingénierie déjà réalisées se sont révélées peu concluantes, et il est difficile de comprendre leur impact sur les écosystèmes.
Par Romain Troublé, le directeur général de la Fondation Tara Océan,
Texte réécrit:
Il est indéniable que nous sommes tous en train de vivre une expérience sans précédent sur notre planète. En seulement un peu plus de cinquante ans, nous avons augmenté de 30% la quantité de CO2 présente dans notre atmosphère, ce qui équivaut à une véritable expérience de géo-ingénierie à l'échelle mondiale. Il est encore difficile de mesurer pleinement l'impact de cette expérimentation sur le monde vivant, mais les physiciens du GIEC prévoient une situation critique d'ici 2050-2100 depuis déjà 30 ans. En tant que membre de la génération née entre 1975 et 1980, j'aurai à vivre cette période, tandis que nos enfants devront y faire face tout au long de leur existence.
Cependant, les conséquences sont déjà évidentes ; de nombreux individus de notre époque doivent faire face à des inondations récurrentes, des périodes de sécheresse, des vents violents, des phénomènes atmosphériques tels que les rivières atmosphériques et leurs déluges, ainsi que la rapide érosion du littoral due à la montée du niveau de la mer. En 2023, dans leur sixième rapport, les scientifiques du GIEC ont expliqué pour la première fois que, afin d'atteindre l'objectif de limiter le réchauffement climatique à 2°C voire 1,5°C d'ici 2100, il sera nécessaire de retirer le CO2 en excès dans l'atmosphère en plus de réduire l'empreinte carbone de nos économies.
Comment peut-on retirer ce CO2 de l'atmosphère ? Depuis toujours, la planète et les êtres vivants le font très bien naturellement. Par le biais de la photosynthèse, les plantes utilisent le CO2 comme nutriment pour produire de la matière organique (tiges, troncs, branches, feuilles, fleurs, fruits, etc.) et du dioxygène O2. Il est donc logique de soutenir des mesures telles que la reforestation, la régénération des écosystèmes, la dépollution et la préservation de la biodiversité. Cependant, étant donné que cela ne semble pas suffisant, certains chercheurs suggèrent d'intervenir artificiellement pour aider la nature à faire davantage, ce qui est appelé la géo-ingénierie.
Titre: L'IA et Gaia, une chronique sur leur relation
Le texte aborde la relation entre l'intelligence
La captation du carbone, la nouvelle tendance des solutions technologiques.
Etant donné que l'Océan couvre près de 71% de la surface de la planète, il joue un rôle important dans les échanges avec l'atmosphère. Ainsi, certaines expériences de géo-ingénierie ont tenté d'augmenter la photosynthèse du phytoplancton en ajoutant du fer à la surface de l'océan. En effet, le manque de fer est l'un des facteurs limitant la productivité marine. Des expériences ont été réalisées au large de l'Argentine sur des zones de plus de 900 km2. Malheureusement, les résultats ne sont pas satisfaisants car les effets ne durent pas et les conséquences sur les écosystèmes, déjà peu connus, sont difficiles à prévoir.
Titre: La biodiversité méconnue
Lire également:
Opinion: Découvrir la richesse insoupçonnée
Analyse – Manipulation du climat : un jeu dangereux ?
Une recherche menée par Tagliabue et ses collègues en 2023 a simulé une expérience mondiale qui s'étend jusqu'en 2100 dans le cadre du changement climatique en constante évolution. Les résultats indiquent que de telles manipulations à grande échelle ne seraient pas efficaces et auraient des conséquences néfastes sur la biodiversité, qui serait aggravée par les effets du changement climatique actuel.
Ces actions de grande envergure ont un impact sur ce qui nous appartient collectivement ; il est essentiel de discuter de la transparence, de l'éthique et de la possibilité d'annuler ces expériences.
Personne: Romain Troubl
Nouveauté : découvrez nos offres haut de gamme !
Nos vidéos
Des agriculteurs italiens se dirigent vers Rome pour exprimer leurs revendications
1 000 tracteurs bloquent le quartier européen de Bruxelles en soutien à l'agriculture
Des agriculteurs à Rungis : "Nos dirigeants ne doivent pas penser que nous allons rester passifs"
La Nasa dévoile des images incroyables de galaxies en spirale
Les articles les plus consultés
Le métavers en plein essor
Un moteur à ions pour déplacer les satellites
Les médecins généralistes regrettent de ne pas être informés des avancées de la recherche sur les cancers
En vedette
"Voiture logicielle" : Renault en difficulté pour rattraper Tesla
Robert Badinter : combat jusqu'à la fin
Remaniement : les pensées de Sacha Houlié, déçu de ne pas être ministre
Sciences & Prospective
Les fourmis, une nouvelle solution contre la résistance aux antibiotiques
Attention aux conséquences climatiques des expérimentations risquées !
Le métavers en plein essor
Pratique
P
La Formation
Tous les droits sont réservés – Les Echos 2024.






