Les premières images du cerveau humain prises par l'IRM le plus puissant du monde ont été révélées. Cette prouesse technique franco-allemande, nommée "Iseult", offre une précision inégalée qui devrait aider à mieux comprendre la structure du cerveau et les processus impliqués dans les maladies dégénératives.
Selon Les Echos
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L'appareil IRM le plus puissant du monde a récemment dévoilé ses premières images du cerveau humain près de Paris. Après avoir été testé sur un potimarron en 2021 par les chercheurs du CEA, une vingtaine de volontaires en bonne santé ont été scannés ces derniers mois.
L'équipement, un aimant pesant 132 tonnes et situé dans un cylindre de 5 mètres de long et de haut, contient une bobine à travers laquelle circule un courant de 1500 ampères. Il possède une ouverture de 90 cm pour accueillir une personne. Appelé Iseult, son champ magnétique atteint 11,7 T (tesla), ce qui permet d'obtenir des images 10 fois plus précises que celles produites actuellement dans les hôpitaux, où la puissance des IRM ne dépasse pas 3 tesla. Alexandre Vignaud, physicien et directeur de recherche au CEA, se réjouit de ce niveau de finesse jamais atteint auparavant. Grâce à cette machine, il est possible d'observer les tout petits vaisseaux sanguins qui alimentent le cortex cérébral ainsi que des détails du cervelet qui étaient presque invisibles jusqu'à présent.
Le président Emmanuel Macron s'est exprimé sur X en soulignant l'importance et les perspectives prometteuses offertes par cette avancée majeure pour la recherche sur la santé. Il a également exprimé sa fierté pour cette réussite française.
Voici la photo la plus détaillée jamais obtenue du cerveau, grâce au scanner IRM du CEA, le plus performant au monde. Cette avancée importante offre de grands espoirs pour la recherche sur la santé. Bravo à l'équipe du projet Iseult. C'est une source de fierté pour la France ! pic.twitter.com/UGSm2RtvwU— Emmanuel Macron (@EmmanuelMacron) 2 avril 2024
Exploit technologique
Ce exploit technologique, fruit d'une collaboration entre la France et l'Allemagne, a demandé plus de deux décennies de recherche. Deux initiatives concurrentes, aux États-Unis et en Corée du Sud, ont des objectifs semblables mais n'ont pas encore atteint l'étape clé de l'imagerie sur les humains.
L'un des buts de cette IRM exceptionnelle est de mieux comprendre comment le cerveau fonctionne et quelles parties sont activées lors de différentes activités. Les chercheurs ont déjà observé que différentes images que nous reconnaissons (comme un visage, un lieu, un mot…) activent des zones spécifiques du cerveau. Grâce à l'IRM à 11,7 T, il sera possible d'approfondir nos connaissances sur la relation entre la structure du cerveau et ses fonctions cognitives, que ce soit en lisant un livre ou en effectuant des calculs mentaux. Nicolas Boulant, directeur de recherche au CEA et responsable scientifique du projet, affirme que cette technologie nous permettra de mieux comprendre le fonctionnement du cerveau.
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Les chercheurs vont également chercher à comprendre les mécanismes responsables des maladies dégénératives du système nerveux (comme Parkinson ou Alzheimer) ainsi que des troubles psychiatriques (dépression, bipolarité, schizophrénie…). Par exemple, il est connu que l'hippocampe joue un rôle important dans la maladie d'Alzheimer, donc l'objectif est de mieux comprendre comment les cellules de cette région du cerveau sont organisées et fonctionnent. C'est ce qu'explique Anne-Isabelle Etienvre, directrice de la recherche fondamentale au CEA.
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Les scientifiques ont pour objectif de cartographier la répartition de certains médicaments, comme le lithium, qui est utilisé pour traiter le trouble bipolaire. Grâce au champ magnétique extrêmement élevé de la machine, il sera possible d'identifier les régions cérébrales ciblées par le lithium chez les patients et de distinguer ceux qui répondent mieux ou moins bien au traitement. Selon Anne-Isabelle Etienvre, une meilleure compréhension de ces maladies très impactantes devrait permettre un diagnostic plus précoce et des traitements plus efficaces.
Pendant un certain temps, Iseult se consacrera à la recherche fondamentale. Nicolas Boulant souligne que l'appareil n'est pas destiné à être utilisé comme outil de diagnostic clinique, mais que les connaissances acquises pourront éventuellement être appliquées à l'hôpital. De nouveaux volontaires en bonne santé seront recrutés d'ici la fin de l'été. Il faudra attendre encore quelques années avant d'étudier les cerveaux des patients malades.
D'après
Le journal Les Echos
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