Airbus doit trouver une solution face à la crise de production qu'il traverse, qui met en lumière les conséquences négatives de la dépendance excessive à la sous-traitance. Les entreprises doivent se questionner sur le niveau approprié de délégation de tâches.
Écrit par David BARROUX
Doit-on produire en interne ou sous-traiter? Depuis la crise du Covid, les entreprises de divers secteurs tels que l'automobile et l'aéronautique ont été confrontées à des tensions dans leur chaîne d'approvisionnement. Elles ont fait face à des pénuries de composants, de pièces et de containers pour transporter leurs marchandises. Beaucoup ont espéré que ces pénuries étaient temporaires plutôt que structurelles. Ils ont cru que la production reprendrait et que la sous-traitance leur permettrait de revenir à la normale.
Les récents problèmes de production d'Airbus qui ont entraîné une baisse de son cours en Bourse montrent que les dysfonctionnements affectant de nombreuses usines sont graves et que les dirigeants d'entreprise ont peut-être trop délégué. Autrefois, les grandes entreprises fabriquaient la plupart de leurs produits en interne. Aujourd'hui, elles dépendent de nombreux fournisseurs et se contentent d'assembler les différentes pièces d'un puzzle industriel complexe. La moindre défaillance dans l'une de ces pièces peut paralyser toute la chaîne de production.
Commander des produits ou des services présente de nombreux avantages. Cela permet de comparer les offres, de négocier des réductions de prix, de bénéficier de tarifs préférentiels grâce à des volumes importants, de profiter des dernières innovations, et de limiter ses propres dépenses. Lorsque la collaboration se déroule bien, les deux parties peuvent en bénéficier, même s'il peut y avoir des discussions sur la répartition des profits.
Lorsque les choses tournent mal, remettre en question l'intégration verticale de manière approfondie peut être contre-productif. De nombreuses grandes entreprises réalisent qu'elles ne contrôlent plus leur destin, comme l'a fait Boeing en fragilisant son entreprise en donnant son indépendance à sa filiale Spirit, aujourd'hui en difficulté, pour plaire aux marchés financiers. Bien sûr, la pandémie de Covid-19 et les tensions géopolitiques croissantes ont poussé de nombreuses entreprises à opter pour au moins une "double source". Avoir deux fournisseurs peut en effet réduire la vulnérabilité. Même s'il n'est probablement ni possible, ni souhaitable, de tout fabriquer en interne (par exemple, Airbus ne va pas se lancer dans la fabrication de moteurs), la crise actuelle devrait servir de leçon aux industriels qui ne peuvent pas simplement espérer un retour à la normale. Il est probablement plus judicieux de choisir soigneusement ses fournisseurs, de travailler davantage avec eux sur le long terme dans un esprit de partenariat constructif plutôt que dans une relation de donneur d'ordres. Il est peut-être nécessaire d'accepter de reprendre en interne certaines activités.
Découvrez également : ANALYSE : les six points faibles de la chaîne d'approvisionnement mis en lumière par la pandémie de Covid-19.
David Barroux
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