Le facteur le plus important pour améliorer la productivité est la qualité des compétences et connaissances des travailleurs, selon Natacha Valla. Cette qualité est déterminée par l'éducation et l'expérience acquises par les individus.
Écrit par Natacha Valla, une économiste qui est la doyenne de l'École du management et de l'innovation à Sciences Po.
Le mystère de la productivité, un défi économique complexe de notre époque, met en lumière une faible croissance de la productivité malgré de nombreuses avancées en termes d'innovation et d'optimisation à travers le monde. Cette tendance persiste dans plusieurs économies, y compris en France. Cependant, la situation semble évoluer récemment : les Etats-Unis semblent retrouver leur dynamisme avec une forte croissance de la productivité ces derniers trimestres.
Des spécialistes ont analysé la situation en France. La banque centrale a récemment constaté que l'industrie manufacturière a souffert l'année dernière en raison de l'absentéisme, des postes vacants, de l'apprentissage temporaire et de la difficulté des entreprises à retenir leur main-d'oeuvre.
Certains facteurs tels que les coûts des matières premières, de l'énergie et les problèmes d'approvisionnement semblent avoir contribué à la situation actuelle. Cependant, ces éléments ne peuvent expliquer entièrement la faible productivité du pays. Récemment, certains ont même espéré que l'Insee annonce soudainement que le PIB était sous-estimé, ce qui corrigerait miraculeusement cette anomalie.
L'importance des ressources humaines
Si nous mettons de côté les aspects comptables, il est essentiel de se concentrer sur les bases de la croissance économique. L'économiste Robert Solow avait souligné l'amélioration de l'efficacité globale dans l'utilisation des facteurs de production pour expliquer la productivité multifactorielle. Ce "résidu" inexplicable par le seul capital et travail investi dans les entreprises aurait contribué à plus de la moitié de la croissance économique des Etats-Unis entre 1913 et 2010.
Selon diverses théories de la croissance économique, dont celle de Solow, la productivité d'une économie dépend principalement du niveau de compétences et de connaissances du capital humain, acquis grâce à l'éducation et à l'expérience.
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Les performances productives des entreprises reposent sur leurs employés, qui jouent un rôle crucial dans la dynamique de la productivité. Les théories du management et des ressources humaines insistent sur l'importance de valoriser le capital humain pour assurer le succès de l'entreprise.
De nombreuses grandes entreprises ont choisi ces expressions comme slogans. Il est donc crucial de réfléchir à l'importance de l'enseignement et de la transmission pour la productivité, la croissance et le bien-être. Investir dans le développement humain, de l'enfance à l'âge adulte, n'a jamais été mesuré comme un investissement à rendement négatif.
Il est clairement démontré que la formation, la rémunération et les incitations des enseignants, ainsi que la qualité des institutions chargées de transmettre les connaissances et leur engagement envers l'excellence, sont des domaines où l'investissement public offre un rendement optimal à court, moyen et long terme en matière de politiques publiques.
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En raison du retard de l'adoption de ces nouvelles technologies dans d'autres secteurs de l'économie, ainsi que de la mauvaise gestion et du manque de compétences en technologies de l'information et de la communication, le passage de l'industrie manufacturière aux services a probablement contribué au ralentissement de la croissance de la productivité à long terme dans notre pays. Il reste à voir quel sera l'impact de l'intelligence artificielle dans tout cela. À suivre…
Natacha Valla est une experte en économie et elle est la directrice de l'Ecole du management et de l'impact à Sciences Po.
Natacha Valla est
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