Analyse | Comment encourager le financement des projets verts
Les ressources pour financer la transition écologique sont disponibles et facilement accessibles. Cependant, les investisseurs demandent une approche sérieuse et transparente qui nécessite un soutien étroit aux autorités locales, selon Philippe Mills.
Chaque année, il est nécessaire de disposer de 66 milliards d'euros. C'est le montant approximatif des investissements supplémentaires nécessaires pour atteindre les objectifs français de réduction des émissions de carbone d'ici 2030. Dans un contexte où les finances publiques sont limitées, ces estimations posent une question importante : serons-nous en mesure de financer une telle ambition, pourtant essentielle ? Atteindre ces objectifs nécessitera une redirection importante des investissements.
Les collectivités territoriales sont des acteurs importants dans la réalisation de 70% des investissements publics, face au défi national. Selon l'institut de recherche I4CE, les collectivités devraient investir au moins 12 milliards d'euros par an d'ici 2030 pour atteindre les objectifs de la stratégie nationale bas-carbone (SNBC). Cette situation impose une pression importante sur ces collectivités.
Qui prendra en charge cette nouvelle responsabilité ? Quel est le rôle des institutions financières qui les financent dans ce processus ? Les banques publiques de développement, parmi les acteurs clés, doivent jongler entre le respect du rapport risque-rendement lors de leurs décisions de financement et soutenir l'objectif national d'une économie moins dépendante des énergies carbonées.
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Il y a une bonne nouvelle : les fonds pour la transition écologique sont disponibles et accessibles. Les investisseurs sur les marchés obligataires montrent un intérêt croissant pour financer des projets verts. Ils sont prêts à investir davantage dans des projets écologiques, passant de 1 euro à 1,5 euro, mais à condition que les projets soient sérieux et de qualité. Ils demandent également une transparence suffisante pour évaluer les projets avant de s'engager.
Classification des investissements
Autrefois, les collectivités territoriales empruntaient simplement en se basant sur leur réputation, sans que le prêteur ne sache exactement à quoi servait l'argent emprunté. Cependant, avec l'introduction de la classification européenne des investissements et les exigences des prêteurs, il est maintenant nécessaire que les fonds soient dirigés vers des projets réellement axés sur la transition écologique. Il est également recommandé, selon la loi de finances 2024, que ces investissements soient regroupés dans un "budget vert".
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Cependant, les administrations locales en France ne sont pas obligées de publier des informations extra-financières de manière générale. Pour accéder à des fonds spécifiques pour la transition, les collectivités locales doivent donc préparer en amont des arguments convaincants pour les investisseurs. Ce travail technique peut être difficile pour certaines d'entre elles. Les banques publiques peuvent alors jouer un rôle important en allant au-delà de leur simple rôle de prêteur, en évaluant les économies d'émissions de gaz à effet de serre que pourraient générer ces investissements pour les emprunteurs.
Analyse des dangers
Sfil, La Banque Postale et La Banque des territoires ont pris l'engagement d'accompagner les collectivités locales en proposant une expertise et une crédibilité dans le domaine des prêts verts. En parallèle, Sfil a développé une méthode pour évaluer les risques liés au climat et à l'environnement pour ces collectivités.
Les dangers sont classifiés en fonction de leurs caractéristiques, de leur durée et de leurs conséquences, en se basant sur une grande quantité de données publiques sans nécessiter de recherche ou de collecte de la part des autorités locales. La méthode du fléchage est bénéfique pour toutes les parties impliquées et attire de plus en plus de collectivités locales : en 2023, ces prêts fléchés représentaient 43% du total, contre seulement 20% en 2019.
Philippe Mills occupe le poste de directeur général chez Sfil.
Philippe Mills
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