Les entreprises cherchent toujours de nouvelles opportunités de croissance à l'étranger malgré les obstacles tels que les barrières douanières, les politiques industrielles et autres défis liés à l'exportation, selon l'analyse de Ludovic Subran.
Écrit par Ludovic Subran, qui occupe la fonction de Chef Economiste au sein du groupe Allianz.
Suite à la baisse du commerce mondial l'année dernière, les entreprises qui exportent paraissent être à la fois plus confiantes, mais également plus inquiètes cette année. Est-ce qu'elles se sont adaptées au climat de protectionnisme actuel ?
Malgré leur expérience passée, elles restent optimistes quant aux opportunités de croissance à l'étranger, même si elles ne sont pas encore entièrement protégées contre les nouvelles restrictions douanières, le protectionnisme et les autres défis liés à l'exportation.
Nos recherches récentes, menées auprès de nombreuses entreprises dans divers pays, semblent confirmer que 82 % d'entre elles anticipent une hausse de leur chiffre d'affaires à l'échelle internationale. De plus, la moitié de ces entreprises espèrent même voir leur croissance doubler par rapport à l'année précédente.
Les entreprises ne sous-estiment pas les risques liés à la géopolitique et au protectionnisme, qui sont une préoccupation majeure pour la majorité d'entre elles. De plus, un bon nombre d'entreprises sont également très inquiètes des perturbations dans leurs chaînes d'approvisionnement, ainsi que des risques liés au financement et au non-paiement.
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En fait, presque la moitié des entreprises interrogées sont fortement préoccupées par l'augmentation constante des délais de paiement.
La globalisation sélective
En raison des tensions géopolitiques croissantes, la moitié des entreprises envisagent de déplacer leurs chaînes d'approvisionnement. On se demande si elles passeront à l'action. Les entreprises de l'agroalimentaire, de l'énergie, des métaux et du textile semblent plus enclines à délocaliser leur production en raison de facteurs politiques, alors que celles des télécommunications, de l'équipement ménager ou de la pharmaceutique ne semblent pas concernées du tout.
Les préoccupations principales se concentrent sur la rivalité entre la Chine et les États-Unis.
La principale préoccupation concerne la rivalité entre la Chine et les États-Unis. Selon une enquête, 27% des entreprises craignent que les élections américaines ne constituent un risque pour leurs chaînes d'approvisionnement, tandis qu'un peu plus d'un tiers prévoient d'augmenter leur présence en Chine.
Face à des difficultés économiques, un quart des entreprises en France décident de chercher de nouveaux marchés en dehors de la Chine, en se tournant principalement vers les pays d'Asie du Sud-Est et d'Europe de l'Est pour se diversifier.
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La tendance à la continentalisation (connue sous le nom de nearshoring) semble être de plus en plus populaire, malgré les préoccupations liées à l'énergie en Europe, aux défis de compétitivité et de coût, et aux difficultés de recrutement de main-d'œuvre, souvent évoquées comme des problèmes majeurs.
Conséquences de l'essor de l'intelligence artificielle
Les compagnies prévoient déjà d'utiliser l'intelligence artificielle pour améliorer leurs échanges avec d'autres entreprises. En effet, 60% des exportateurs considèrent que l'IA aura un impact significatif sur leur expansion à l'international, en apportant des avantages tels que la croissance pour les entreprises de services ou celles qui proposent des services, une augmentation de la productivité, une meilleure efficacité dans la recherche de nouveaux clients, et une amélioration de la fluidité des chaînes d'approvisionnement.
Il est crucial d'avoir des règles claires dans ce domaine. Peut-être est-ce le manque de continuité des politiques publiques qui explique pourquoi les avancées en matière de développement durable stagnent ?
Environ 66% des entreprises ont déclaré que leur société ne prévoyait de réduire ses émissions de CO2 que de 1 à 5% d'ici 2024. Cela représente un défi majeur pour les entreprises qui exportent leurs produits.
Ludovic Subran est l'expert en économie pour le groupe Allianz.
Ludovic Subran
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