Les entreprises cherchent toujours des opportunités de croissance à l'étranger, même si elles ne sont pas encore complètement protégées contre les nouvelles barrières douanières, le retour des politiques industrielles et d'autres défis liés à l'exportation, selon l'analyse de Ludovic Subran.
Écrit par Ludovic Subran, le Chef Economiste d'Allianz, ce texte aborde divers sujets
Suite à la baisse du commerce mondial l'année dernière, les entreprises qui exportent semblent être à la fois plus confiantes, mais aussi plus inquiètes cette année. Est-ce qu'elles se sont adaptées au climat de protectionnisme actuel ?
Malgré les obstacles tels que les barrières douanières et les politiques industrielles, les entreprises continuent de chercher des opportunités de croissance à l'étranger. Elles ne sont pas encore totalement protégées contre ces défis, mais elles restent déterminées à poursuivre leur expansion internationale.
D'après notre récente recherche menée auprès de nombreuses entreprises dans plusieurs pays, il semble que la majorité d'entre elles prévoient une augmentation de leur revenu à l'étranger. En effet, 82% des entreprises interrogées envisagent une croissance de leur chiffre d'affaires à l'international, et la moitié d'entre elles espèrent même doubler leur croissance de l'année précédente.
Les entreprises sont conscientes des risques liés à la géopolitique et au protectionnisme, qui sont une préoccupation majeure pour 75% d'entre elles. De plus, un tiers des entreprises sont toujours très inquiètes des perturbations dans leurs chaînes d'approvisionnement, tandis qu'un autre tiers se préoccupe des risques liés au financement et aux retards de paiement.
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En fait, environ la moitié des entreprises interrogées expriment une grande préoccupation concernant l'allongement des délais de paiement.
La mondialisation sélective
La moitié des entreprises envisagent de délocaliser leurs chaînes d'approvisionnement en raison des inquiétudes géopolitiques croissantes. Est-ce qu'elles passeront à l'acte ? Les entreprises de l'agroalimentaire, de l'énergie, des métaux et du textile semblent plus enclines à déplacer leur production en raison de facteurs politiques, tandis que les entreprises des secteurs des télécommunications, de l'équipement ménager ou de la pharmaceutique ne semblent pas être concernées du tout.
La principale source d'inquiétude réside dans la rivalité entre la Chine et les Etats-Unis.
La rivalité entre la Chine et les États-Unis est une source d'inquiétude majeure. Selon une enquête, 27 % des entreprises pensent que les élections américaines pourraient poser un risque supplémentaire pour leurs chaînes d'approvisionnement, tandis qu'un peu plus d'un tiers ont l'intention d'augmenter leur présence en Chine.
Face à des pressions concurrentielles fortes, seuls 25% des entreprises en France décident de se diversifier en dehors de la Chine, en se tournant notamment vers les marchés d'Asie du Sud-Est et d'Europe de l'Est.
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La tendance à la continentalisation (connue sous le nom de nearshoring) semble être de plus en plus populaire, même face aux défis liés à l'énergie en Europe, à la compétitivité des coûts et aux pénuries de main-d'œuvre.
Les entreprises se préparent à utiliser l'intelligence artificielle pour améliorer leurs échanges avec d'autres entreprises. En effet, la majorité des exportateurs voient l'IA comme un outil clé pour leur développement à l'international, en raison de ses avantages tels que la croissance accrue pour les entreprises de services, des gains de productivité, une prospection plus efficace et des chaînes d'approvisionnement plus fluides.
Il sera crucial d'avoir des règles claires dans ce domaine. En outre, peut-être que les changements constants dans les politiques publiques expliquent pourquoi les avancées en termes de développement durable sont stagnantes ?
Environ 66% des entreprises ont déclaré qu'elles ne prévoient de réduire les émissions de CO2 de leur entreprise que de 1 à 5% d'ici 2024. Cela pose un défi particulier pour les entreprises qui exportent leurs produits.
Ludovic Subran est un expert en économie travaillant pour le groupe Allianz.
Ludovic Subran
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