Les membres de La France Insoumise se trouvent aux abords de Sciences Po, semblant vouloir obtenir un diplôme qu'ils n'avaient jamais envisagé d'obtenir.
Écrit par Marc Lambron
En regardant la télévision récemment, j'ai vu des étudiants de l'Institut d'études politiques de Paris pratiquer une manifestation rue Saint-Guillaume, avec des banderoles et des foulards palestiniens. Dans le VIIe arrondissement de Paris, connu pour être un quartier chic, on pouvait voir que les vêtements et les chaussures à la mode il y a quarante ans avaient été remplacés par des tenues militaires vert olive de style "Gaza" et des discours militants.
Ayant obtenu mon diplôme de cet établissement en 1982, cela m'a fait réfléchir. On a tendance à exagérer en considérant Sciences Po comme un symbole des élites françaises, alors que ces dernières se trouvent plutôt à Polytechnique ou Normale Sup. À mon époque, l'IEP-Paris était principalement une préparation à l'ENA, la section "Service public" étant la plus importante. Comme au KGB, on y mettait l'accent sur la mémorisation des fiches pour briller lors des grands oraux du concours. L'idéal de l'énarque était de correspondre à la définition de Louis Aragon donnée par Roger Nimier : "Excellent dans toutes les matières du programme, et même dans les autres." Parfois, on pouvait ajouter une touche d'esprit, comme cette candidate qui a répondu avec inspiration à une question délicate sur la différence entre un amant et un mari en disant : "C'est le jour et la nuit." En fin de compte, l'atmosphère de vieille bourgeoisie prévalait encore sur le manuel de montage d'un drone iranien.
Un conservatisme radical parmi les militants
Au fil des années, il y a eu un changement étrange marqué par des scandales sexuels impliquant les dirigeants de l'établissement. Le directeur Richard Descoings est décédé à New York dans des circonstances étranges, rappelant le roman Fifty Shades of Grey. Son successeur, Frédéric Mion, a été touché par le scandale Olivier Duhamel, dans le style de Montherlant-Matzneff. Quant au directeur actuel, Mathias Vicherat, il a démissionné après une altercation conjugale. Tout cela est surprenant. Est-ce à cause d'une réaction en chaîne que la génération actuelle d'étudiants adopte un conservatisme radical en se tournant vers le Sinaï ? Il est cependant encourageant de voir des membres de LFI s'intéresser à Sciences Po, comme s'ils cherchaient à obtenir un diplôme qu'ils n'avaient jamais envisagé auparavant. Aymeric Caron, membre d'un parti végétalien et soutien de Mélenchon, a abandonné ses convictions pour défendre les valeurs de l'IEP. Cela montre que l'élitisme républicain progresse.
Découvrez nos nouvelles offres Premium !
Nos vidéos
Qui remporte vraiment dans les paris sportifs en ligne ?
Les pays du Club Med font leur retour : Portugal, Espagne, Grèce
Les jeunes ont-ils des problèmes avec le travail ?
Est-ce que la concurrence peut faire baisser les prix des billets de train de la SNCF ?
Les articles les plus consultés
Le numérique à l'école : un sujet tabou
Retour sur l'histoire du téléphone il y a 100 ans dans nos archives
En tête d'affiche
AXA va vendre sa gestion d'actifs à BNP Paribas pour 5,1 milliards d'euros
Wall Street en baisse suite à des indicateurs américains préoccupants
Les marchés européens sont instables
Analyses et éditoriaux
Il y a 50 ans, dans nos archives : la France se démarque dans le tourisme
Vichy 1940 : la IIIe République meurt de résignation
Le cercle vicieux de l'immobilier
Conseils pratiques
P
L'équipe
Tous les droits sont protégés – propriété exclusive des Echos en 2024.






