Point de vue | Jeux olympiques : une opportunité pour revoir le fonctionnement des transports publics
Les Jeux olympiques de 2024 à Paris vont attirer 15 millions de visiteurs, ce qui représente un défi pour les transports en commun. Il est nécessaire d'adapter ces derniers à cette affluence exceptionnelle. Les travaux réalisés pour cet événement pourraient également profiter aux millions de citoyens qui utilisent ces transports au quotidien, selon les experts en mobilité.
Par un groupe d'aute
Face à l'évolution rapide des besoins de déplacement, notamment en raison du télétravail, des normes environnementales et de la digitalisation, et à la reconnaissance générale de l'importance de la mobilité pour la société et l'économie, il y a actuellement d'importants investissements et ambitions dans le développement de la mobilité partagée. De grands événements tels que les Jeux Olympiques jouent un rôle de catalyseur dans le développement des infrastructures de mobilité, en particulier dans les villes disposant de peu d'infrastructures, comme Rio ou Athènes.
Malgré les investissements effectués, les améliorations ressenties par les utilisateurs de transports au quotidien sont minimes, que ce soit dans les zones urbaines congestionnées (embouteillages, qualité de service perçue…) ou dans les zones rurales où la voiture individuelle reste le principal moyen de transport. De plus, les changements dans les systèmes de mobilité commencent à être perçus comme contraignants, étant vus comme une réponse à des préoccupations environnementales plutôt qu'à une véritable volonté d'améliorer le bien-être des citoyens.
Cependant, il y a quelques exemples de villes qui ont réussi, comme Tokyo, Londres et Singapour, qui ont su s'adapter chaque année pour gérer les déplacements liés à la tenue du Grand Prix de Formule 1. Il y a aussi des exemples plus spécifiques, comme les mesures prises lors de grands événements sportifs.
Les différents exemples cités mettent en avant l'importance d'une gestion unifiée des transports en commun, à la fois sur le plan géographique et multimodal. Cette approche repose sur un contrat social auquel les habitants adhèrent, comme c'est le cas pour l'organisation des transports à Singapour ou au Japon, qui met l'accent sur l'ordre et la qualité de service.
L'organisation des Jeux de Paris 2024 offre une opportunité de rendre la mobilité quotidienne plus efficace, de promouvoir un nouveau contrat social et de stimuler des changements durables dans certains domaines.
Afin de profiter de cette opportunité, tous les acteurs du secteur de la mobilité doivent s'unir et relever rapidement des défis majeurs avec une date limite non négociable. Certains de ces défis sont :
Pour optimiser les déplacements, il est nécessaire de mettre en place des règles spécifiques, telles que favoriser le télétravail pour certains et limiter les déplacements non essentiels, ajuster les horaires des transports en commun pour gérer les flux importants, ou encore interdire la circulation motorisée sur certaines voies. Ces mesures sont temporaires et strictement encadrées. Cependant, améliorer les déplacements implique également la création de nouvelles lignes de transports en commun, l'autorisation de nouveaux moyens de déplacement tels que le Volocopter, et encourager les citoyens à utiliser des services de mobilité multimodale via des plateformes innovantes.
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Remettre en question les bases essentielles dans une ville d'accueil pose un défi de taille dans les grandes métropoles, qui doivent concilier la vie olympique avec la densité de population et la diversité des habitants. À Paris, l'introduction d'une plateforme le 10 mai dernier obligeant tous les résidents à se faire référencer pour obtenir un droit de circulation soulève une interrogation : est-ce que la mobilité sera facilitée ou compliquée ?
Un défi adapté à l'échelle des individus
Il est crucial pour les opérateurs de transports, les fournisseurs de services, de télécommunications et d'énergie de répondre aux attentes diverses et parfois contradictoires des participants aux Jeux, du public et des résidents. Cela les pousse à se surpasser et à se réinventer afin de maintenir une qualité de service optimale et de répondre aux besoins spécifiques, tout en évitant les problèmes de congestion et de sécurité.
La spécificité du dispositif de mobilité parisien réside dans sa capacité à gérer efficacement les déplacements de millions de personnes entre les sites olympiques en plein cœur de la ville. Les Jeux précédents ont permis d'optimiser les systèmes de transport, comme à Sydney où l'accessibilité des personnes handicapées a été améliorée, ou à Londres où de nouveaux quartiers ont été desservis par des lignes de transports en commun. Quelles améliorations mémorables verrons-nous à l'issue des Jeux de Paris ?
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La diversité des défis à relever, la variété des acteurs impliqués, tant publics que privés, et le manque de temps pour trouver des solutions nécessitent des méthodes de planification innovantes, qui rompent avec les structures traditionnelles de nos administrations.
Les Jeux Olympiques de Paris en 2024 seront un test de notre capacité collective à améliorer de manière durable la mobilité, un enjeu crucial pour l'environnement et le bien-être en ville. C'est une occasion de mettre en place une gouvernance publique-privée pour répondre aux besoins des citoyens. Chaque organisation des JO laisse une empreinte dans la ville, espérons que celle de Paris sera synonyme de modernité et d'adaptation.
Les personnes qui ont apposé leur signature
Jean-Pierre Cresci est associé chez Oliver Wyman et responsable du groupe de réflexion sur la mobilité au sein du Oliver Wyman Forum en France.
Alexandre Bayen enseigne à l'Université de Berkeley.
Anne-Sophie Bordry est la créatrice de Medicis Web.
Raphael Jatteauest est le créateur de Coco Parks.
Vincent Cobee occupe le poste de Directeur Général chez ITEN.
Théophile Cabannes travaille en tant qu'ingénieur pour le Corps des Ponts, des Eaux et des Forêts.
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