Point de vue | Révolution de la robotique : s'adapter au changement ou le diriger ?
L'avancée des technologies robotiques suscite des interrogations sur leur rôle dans la société. Plutôt que de nier leur présence, il est crucial de trouver un juste équilibre pour éviter qu'ils ne supplantent le travail humain, selon l'opinion de Fabrice Zerah.
Écrit par Fabrice Zerah, chef de la direction d'Ubisolutions.
Un monde où les robots sont de plus en plus présents se profile à l'horizon. L'importance de ce phénomène ne doit pas être sous-estimée. En observant Grace, un robot développé par une entreprise basée à Hong Kong, nous pouvons voir un robot qui prend soin des personnes âgées sans jamais perdre patience. Robeauté, la start-up fondée par l'ingénieur français Bertrand Duplat, a créé un robot miniature de 1,8 millimètre de diamètre capable d'effectuer des opérations de neurochirurgie en pénétrant dans notre cerveau.
Les robots sont déjà présents et se préparent à réaliser des tâches que nous avons toujours souhaité accomplir, ainsi que celles que nous préférons ne plus faire. Selon une prédiction, environ 5,5 millions d'emplois aux États-Unis pourraient être remplacés par des camions sans chauffeur.
L'automatisation industrielle
Au cours des dix dernières années, le nombre de robots utilisés dans le monde a plus que doublé pour accomplir des tâches de plus en plus diverses et complexes. Les robots sont désormais utilisés pour remplacer des travailleurs, des soldats et même des ingénieurs. Cependant, malgré cette accélération de l'automatisation, la France a vu une diminution du nombre de robots par rapport au nombre d'employés dans ses usines. En effet, une étude menée en 2022 a révélé que ce nombre avait chuté de 16% pour atteindre 163 unités pour 10 000 employés, par rapport à l'année précédente.
Alors que tout le monde est d'accord sur la nécessité d'une nouvelle industrialisation du pays, aucun de nos dirigeants ne semble réaliser que cela signifiera davantage de robots. Par exemple, en Corée du Sud, il y a 1.000 robots pour 10.000 travailleurs. Plutôt que de simplement appeler à "réarmer" la nation, ne serait-il pas plus concret de fabriquer des robots pour compenser le manque de main-d'œuvre et de former les personnes capables de les contrôler et de les améliorer ?
Avec 800 millions d'euros prévus pour la robotisation de la France dans le cadre du plan d'avenir "France 2030", il semble que les investissements nécessaires pour relever ce défi soient loin d'être suffisants. Peut-être serait-il plus judicieux de se tourner vers une approche européenne pour répondre à ces besoins financiers et technologiques.
En fin de compte, nos compétences ne sont-elles pas parfaitement adaptées à l'utilisation de cette technologie avancée? En France, nos experts en robotique sont parmi les plus qualifiés au monde. Une plus grande utilisation de la robotique rendrait le pays non seulement plus autonome vis-à-vis de ses concurrents industriels, mais également plus compétitif tout en préservant une partie des emplois en France.
Comment devrions-nous réagir au changement qui est déjà en cours dans nos sociétés – devrions-nous le subir ou le diriger? Quelle peur se cache derrière le refus de reconnaître l'importance des changements technologiques des deux derniers siècles? Peut-être que la généralisation des robots nous confronte à des questions trop profondes. Peut-être que nous ne sommes pas prêts à envisager une société qui ne dépendrait pas du travail comme nous le connaissons actuellement.
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Premièrement, il y a des questions sociales à prendre en compte : Comment ferons-nous pour vivre si les emplois deviennent de plus en plus rares ? Devrions-nous envisager un revenu universel ? Ensuite, il y a des questions juridiques à considérer : Qui sera responsable des robots ? Leurs créateurs ou leurs utilisateurs ? La robotique a des implications politiques car elle remet en question le type de société que nous voulons construire. Actuellement, en France, on utilise des drones policiers volant à 100 mètres de hauteur pour surveiller les manifestations.
Dans d'autres pays, comme en Chine, la surveillance va au-delà de ce qui est acceptable et ressemble à un contrôle total des libertés individuelles. Ces robots, de plus en plus performants, seront-ils utilisés pour assurer la sécurité ou pour réprimer les individus ? En fin de compte, l'utilisation de nos robots dépendra de nos choix. Mais que ferons-nous exactement avec ces robots ? Le silence face à cette question pourrait être le plus préoccupant.
Fabrice Zerahest est le directeur général d'Ubi Solutions et a écrit le livre "Tech ou Toc" publié par les éditions l'Archipel.
Le nom Fabrice Zerah
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