Le secteur spatial est en pleine consolidation avec l'acquisition de l'entreprise américaine Intelsat par SES. Cette décision a surpris les investisseurs qui s'attendaient à des retours de cash de la part de SES. En réaction, le titre SES a chuté de 17% en deux séances à la Bourse de Paris.
Selon Les Echos
Va-t-il prendre le risque ou non ? Il est compréhensible que l'entreprise luxembourgeoise de satellites SES ait pris son temps avant de se décider à participer à la consolidation spatiale.
Il semblait nécessaire de prendre une année pour réfléchir avant d'exposer le dernier vaisseau spatial européen bien coté par les agences de crédit aux supernovas menaçantes des fusions défensives. En effet, ces supernovas ont fortement affecté l'action en Bourse d'Eutelsat après son partenariat avec la constellation OneWeb (-32%), ce qui a suscité des inquiétudes quant à une éventuelle augmentation de capital.
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En passant, Patrick Drahi, qui est un milliardaire, peut être reconnaissant envers l'ancien groupe intergouvernemental pour avoir refusé son offre il y a trois ans, qui était plus de trois fois supérieure au cours actuel. Il voulait rivaliser avec Elon Musk et Jeff Bezos dans la course à la conquête de l'espace proche de la Terre.
Adel Al-Saleh, le chef de SES, reste confiant en approuvant l'achat d'Intelsat, qui est sorti de la faillite il y a deux ans. Même s'il accepte de payer 5,5 milliards de dollars, dette comprise, ce qui est deux fois moins que ce qui avait été mentionné l'année dernière, les investisseurs s'inquiètent tout de même de l'impact de la dette qui atteindra 3,5 fois l'Ebitda.
Privés des bénéfices des rachats d'actions évalués à des centaines de millions d'euros, ces bénéfices ont immédiatement été retirés de la valorisation de SES, entraînant une baisse de 17 % en deux séances.
A souligner
L'offre de SES pour acquérir Intelsat s'élève à 4,62 milliards d'euros, dont 2,8 milliards en liquidités pour les capitaux propres. Cette offre valorise Intelsat à 5,7 fois l'Ebitda ajusté prévu pour 2024, un multiple inférieur à celui d'Eutelsat (6,4 fois).
Le fournisseur de services par satellite vise à réaliser des économies significatives de 370 millions d'euros d'ici la fin de la troisième année après l'intégration. Cela inclut des économies opérationnelles équivalant à un quart de l'Ebitda d'Intelsat et des économies d'investissement représentant 30 % de son budget. Ces économies sont estimées à une valeur actualisée nette de 2,4 milliards d'euros, ce qui équivaut à 85 % du montant en espèces de l'opération.
Selon l'entreprise du Luxembourg, l'achat devrait générer un taux de rentabilité interne (IRR) de plus de 10%. Cependant, la finalisation de la transaction ne devrait pas avoir lieu avant le deuxième semestre de 2025.
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