Le secteur de l'agroalimentaire est en ébullition suite au changement inattendu de direction chez Nestlé. Les investisseurs sont perplexes face à cette décision, qui voit un membre de l'entreprise, le Français Laurent Freixe, remplacer l'ancien PDG Mark Schneider, considéré comme un étranger dans le groupe. Ce changement intervient à un moment où les interrogations sur le modèle de croissance de Nestlé sont de plus en plus présentes.
Par Les Echos
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Sur les rives du lac Léman, on dit que casser une montre ne peut pas arrêter le temps qui s'écoule. Malgré cela, la société suisse Nestlé semble inverser la tendance en renvoyant son PDG, Mark Schneider, après sept ans et demi.
Changer le deuxième directeur général recruté de l'extérieur du groupe après un siècle et demi d'histoire par un homme interne, en l'occurrence le Français Laurent Freixe, qui a travaillé pendant 38 ans au sein de l'entreprise de Vevey, est une décision significative. Cela contraste avec le premier directeur général, qui avait été récemment confirmé dans son poste par 90% des actionnaires il y a seulement quatre mois.
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Les mauvaises nouvelles s'accumulent pour Nestlé.
Les incertitudes sur la stratégie de croissance de la principale entreprise mondiale du secteur agroalimentaire ont augmenté au cours des deux dernières années et demi, et ont atteint un point critique avec la baisse des prix. En juillet, une nouvelle révision à la baisse de ses prévisions de revenus et de bénéfices, même légère, a provoqué une chute du cours de l'action en bourse à son plus bas niveau en cinq ans au début du mois.
Reprendre le marché des consommateurs
La décision de Laurent Freixe, envisagé comme successeur de Paul Bulcke en 2017, semble indiquer un désir de revenir aux bases en reconquérant les consommateurs. Il reste à déterminer combien de marges seront sacrifiées dans cette démarche.
Les investisseurs étaient perplexes en attendant une réponse possible en novembre, avec une baisse de 4% de l'action vendredi à l'ouverture et une augmentation de 0,1% à la clôture grâce à la confirmation des prochaines baisses de taux d'intérêt par la Fed. Est-ce que le dicton suisse selon lequel "farine fraîche et pain chaud font la ruine de la maison" ne s'applique pas ici ?
Nestlé, une entreprise très connue en bourse, a nommé Laurent Freixe comme directeur général, ce qui marque un changement important dans la direction de l'entreprise.
En effet, la société suisse se joint à un petit nombre de grandes entreprises de la consommation qui ont récemment modifié leur direction face à une forte inflation, la plus élevée en 40 ans. Parmi ces entreprises figurent Starbucks, Unilever, Reckitt Benckiser et Diageo. Chez Danone, Antoine de Saint-Affrique est arrivé il y a presque trois ans.
Mark Schneider, ancien dirigeant de Fresenius, a laissé à Nestlé un héritage comprenant la plus grande rotation d'actifs qu'elle ait connu en une décennie. Cette rotation concerne 22% du chiffre d'affaires mondial de l'entreprise, dont 50% aux Etats-Unis. En outre, Nestlé a conclu une alliance fructueuse dans le café avec Starbucks, et a également étendu son activité dans les vitamines et les produits de santé, bien que cela ait été plus mitigé en termes de bilan financier.
Depuis le début de son mandat le 1er janvier 2017, Nestlé a généré des rendements de 52,5 % pour ses actionnaires, dividendes réinvestis. Cela représente une performance inférieure de 16,6 points de pourcentage par rapport à la Bourse de Zurich. En revanche, en euros, le rendement est de 72 % grâce à la force du franc suisse, surpassant de 25,6 points de pourcentage l'indice Stoxx Alimentation & Boissons, mais restant inférieur de 13 points par rapport à l'ensemble de l'indice Stoxx 600.
Particulièrement depuis le début de l'année 2022, le titre a sous-performé de 27,5 points par rapport aux principales valeurs suisses. Selon Deutsche Bank, la position boursière du titre s'est affaiblie par rapport à son secteur européen qui, lui aussi, perdait du terrain par rapport au reste d'un marché boursier de plus en plus divisé.
Pendant deux ans et demi, les performances de l'action Nestlé ont été inférieures à celles des principales entreprises suisses. Selon Bloomberg et Les Echos.
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