Point de vue | L'agrivoltaïsme, une opportunité pour l'agriculture
La loi de mars 2023 portant sur la promotion de l'énergie renouvelable (APER) a établi les bases de l'agrivoltaïsme. Un décret d'application sera publié six mois plus tard pour réglementer cette technologie. Cinq experts en agritech soutiennent le maintien de l'aspect agricole essentiel de cette technologie prometteuse.
Par un groupe d'aute
Le concept et la pratique de l'agrivoltaïsme ont été créés en France il y a environ quinze ans. L'idée était de concevoir des installations photovoltaïques qui, au lieu de concurrencer les activités agricoles sur les terres, les améliorent et renforcent notre capacité à assurer notre propre alimentation, face aux conséquences du réchauffement climatique. Depuis lors, l'industrie agricole française a investi et développé des infrastructures, des logiciels et des connaissances en agronomie qui répondent à cette exigence.
Face à l'urgence des changements climatiques, de nombreuses délégations et médias internationaux se rendent régulièrement en France pour visiter les sites agrivoltaïques, qui sont de véritables outils de protection contre le climat. Les résultats obtenus démontrent les nombreux avantages que l'agrivoltaïsme peut apporter à l'agriculture : réduction des besoins en irrigation et des pertes causées par les aléas climatiques, maintien voire augmentation des rendements agricoles, amélioration de la qualité des produits animaux et végétaux, préservation de l'authenticité des vins, et promotion de la biodiversité.
En France, l'agriculture est confrontée à un défi majeur : le changement climatique, qui est surprenant par son ampleur et qui nécessite une adaptation rapide. Dans ce contexte, l'agrivoltaïsme est une solution prometteuse : il permet à la fois de protéger et d'améliorer les productions agricoles, tout en contribuant à la transition énergétique. De plus, cette approche est rentable et n'entraîne aucun coût caché pour la collectivité et les agriculteurs.
Selon le chercheur Christian Dupraz de l'Inrae, en utilisant des systèmes agrivoltaïques de nouvelle génération sur moins de 2% de la surface cultivée en France, il serait possible de produire autant d'électricité que tout notre parc électronucléaire actuel, sans affecter la production agricole. Ce modèle suscite déjà l'intérêt et est en train d'être exporté. Israël lance un programme ambitieux pour déployer rapidement ces technologies à travers le pays, tandis que l'Italie investit 1,1 milliard d'euros pour les soutenir.
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Nos parlementaires ont compris cette importance et ont officiellement intégré dans la loi la mission fondamentale de l'agrivoltaïsme, qui vise à soutenir de manière durable l'installation, le maintien ou le développement de l'agriculture. Selon la législation, la production agricole doit demeurer l'activité principale de la zone concernée et assurer à l'agriculteur un revenu durable.
Les projets alibis sont une préoccupation majeure, et il est essentiel que les décrets d'application en cours d'élaboration maintiennent l'élan de la loi APER en soutenant la pratique agricole de l'agrivoltaïsme afin de réduire les risques de contre-références. En France, certaines régions et associations ont déjà mis en garde contre ce danger, avec la multiplication de projets où seule la production de kilowattheures est privilégiée. Certaines personnes critiquent la dimension gigantesque de ces projets, considérant que le revenu photovoltaïque est perçu comme une solution attrayante à la crise agricole, reléguant ainsi la production agricole à un rôle secondaire. Leurs préoccupations sont justifiées.
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Il existe des solutions pour maintenir et améliorer la production agricole sous et entre les panneaux solaires, tant en termes de qualité que de quantité. L'agrivoltaïsme ne sera viable que s'il permet aux agriculteurs de vivre mieux de leur activité agricole en premier lieu, et seulement ensuite de bénéficier de revenus complémentaires liés à la production d'électricité. Il est essentiel de ne pas inverser ces priorités, car cela aurait des conséquences désastreuses pour le monde agricole et pour l'acceptation des projets dans les territoires.
Il est également important de restreindre la taille des projets agrivoltaïques afin de les répartir de manière plus équilibrée sur l'ensemble du territoire. Nous sommes préoccupés par le fait que les décrets en cours de préparation pourraient conduire à des compromis trop importants au détriment des rendements agricoles déjà fragiles. Dans le contexte de l'urgence climatique, l'agrivoltaïsme offre une opportunité de renforcer la souveraineté alimentaire.
Les personnes qui ont apposé leur signature
Antoine Nogier, le dirigeant de Sun'Agri, occupe le poste de
Mathieu Debonnet est le président de TSE.
Louis Maurice, qui occupe le poste de Président chez
Lucas Pendola occupe le poste de responsable des ventes internationales chez Next2
Xavier Bodard, le dirigeant de l'entreprise Davele,
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