Point de vue | Souveraineté numérique : favorisons l'utilisation du logiciel libre
Dans un monde de plus en plus connecté, la souveraineté numérique est devenue un enjeu crucial. Selon Alain Issarni, le logiciel libre peut être un moyen efficace de mieux contrôler nos dépendances numériques.
La souveraineté implique d'avoir le contrôle sur son propre destin et de réduire au maximum les dépendances. En ce qui concerne les dépendances, il ne s'agit pas simplement de remplacer une dépendance à un acteur étranger par une dépendance à un acteur local, mais plutôt de gérer les dépendances numériques. Dans cette perspective de recherche de souveraineté numérique, quelle est la place du logiciel libre ? Est-ce que la stratégie du "tout Open Source" est la seule option disponible pour les institutions publiques et les entreprises ?
Lorsque l'on dépend d'une technologie ou d'un acteur dominant sur le marché, on devient vulnérable aux décisions et aux évolutions de cet acteur. La souveraineté numérique ne se résume pas à choisir des solutions françaises ou européennes plutôt que des solutions américaines ou chinoises. Lorsqu'une entreprise française est rachetée par une entreprise américaine, la propriété de son produit passe automatiquement de l'autre côté de l'Atlantique. Le véritable gage de souveraineté réside donc dans la capacité à conserver le contrôle sur les technologies utilisées ; c'est là que le logiciel libre intervient.
En permettant d'accéder au code source, les logiciels libres offrent une plus grande souplesse et un meilleur contrôle. Si les utilisateurs rencontrent des problèmes avec l'éditeur ou la communauté, ils ont la possibilité de modifier le logiciel selon leurs besoins, s'ils le souhaitent et s'ils en ont les capacités. Les logiciels libres sont donc la meilleure assurance pour garder le contrôle de notre indépendance numérique.
Centre d'encouragement à l'innovation
La valeur du logiciel libre va bien au-delà de la simple gestion des dépendances numériques. Il joue également un rôle essentiel en tant que moteur de l'innovation technologique. Les logiciels libres offrent en réalité un environnement propice à l'exploration et à l'élaboration de nouvelles idées, car ils permettent un accès total au code source.
L'ouverture et la transparence encouragent la collaboration innovante, où des groupes de développeurs, qui sont souvent éparpillés dans le monde entier, peuvent travailler ensemble pour améliorer et faire progresser les logiciels gratuits. Par conséquent, de nombreuses avancées technologiques de pointe ont été réalisées dans le domaine des logiciels gratuits. Souvent, même les développements les plus récents sont influencés par les progrès réalisés par les logiciels gratuits.
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En outre, les logiciels open source sont fréquemment utilisés comme fondement par de nombreuses jeunes entreprises et entreprises novatrices, car ils fournissent des bases solides sur lesquelles créer de nouvelles solutions. Par conséquent, les logiciels open source ne sont pas seulement un moyen de garantir la souveraineté numérique, mais aussi un moteur d'innovation technologique qui encourage la créativité et le progrès de la société dans son ensemble. Ils sont un incubateur technologique de premier plan.
Défis liés à la souveraineté
En ce qui concerne la mise en pratique, il est néanmoins important de distinguer deux types de stratégies : celle qui privilégie l'utilisation de logiciels open source en premier lieu, et celle qui ne se limite qu'à l'utilisation de ces logiciels. La souplesse est cruciale, et il est essentiel de favoriser les solutions libres lorsque cela est possible, mais il faut reconnaître que celles-ci ne sont pas parfaites. Bien qu'elles offrent un moyen concret de contrôler notre destinée numérique, contrairement aux solutions dépendantes des géants technologiques, il est parfois nécessaire de s'adapter à certains monopoles. Le dogmatisme n'est pas une solution fiable.
Pour renforcer leur souveraineté numérique, les gouvernements et les organisations devraient adopter une approche privilégiant les solutions "open source". Cela implique de considérer en premier lieu les solutions libres et de ne se tourner vers des solutions propriétaires que lorsque cela est vraiment nécessaire. Les pouvoirs publics doivent mener des études et offrir des incitations pour encourager l'utilisation de logiciels libres dans l'administration, et s'engager à reverser une partie des économies réalisées à la communauté libre.
Aussi, il est important de noter que l'idée d'ouvrir sa plateforme en accès libre peut sembler intéressante au premier abord, mais en réalité, elle peut être trompeuse et ne pas apporter les bénéf
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Le recours au logiciel libre n'est peut-être pas la solution parfaite pour assurer la souveraineté numérique, mais il est probablement le meilleur choix. En optant pour une approche "open source first", les gouvernements et les organisations peuvent considérablement diminuer leur dépendance à l'égard des acteurs étrangers et prendre ainsi le contrôle de leur avenir numérique.
Alain Issarni occupe le poste de PDG chez NumSpot.
Alain Issarni est une
Comment s'adapter dans un environnement complexe ?
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