Le gouvernement est confronté à une forte pression pour prendre des mesures face aux préoccupations des maires. Le 105e Congrès des maires se déroule à Paris jusqu'à jeudi, alors que les élus locaux sont de plus en plus victimes d'agressions. L'Association des maires de France estime que les communes sont attaquées de toutes parts.
Par moi, Laurent Thévenin.
Le Congrès des maires qui débute ce mardi à Paris à la Porte de Versailles intervient après une année difficile pour les élus locaux. L'Association des maires de France (AMF) a choisi le titre de cette 105e édition, "Communes attaquées, République menacée", pour souligner cette réalité.
Il y a clairement une référence explicite aux émeutes urbaines qui ont eu lieu au début de l'été et qui ont touché plus de 500 communes. Il y a également une augmentation des agressions envers les élus, selon le ministère de l'Intérieur. Le nombre d'agressions est passé de 2 265 l'année dernière à 2 387 au 12 novembre et pourrait atteindre 2 600 d'ici la fin décembre, ce qui représenterait une augmentation de 15 % par rapport à l'année 2023.
Accélération de la fréquence des démissions
Selon une enquête menée par le Centre de recherches politiques de Sciences Po (Cevipof) pour l'AMF et le ministère chargé des Collectivités territoriales, 69% des maires interrogés affirment avoir déjà été confrontés à des comportements irrespectueux (+16 points par rapport à 2020). De plus, 39% d'entre eux ont été victimes d'injures et d'insultes (+10 points) et 27% ont été attaqués sur les réseaux sociaux (+7 points).
Indiquant un profond malaise, le nombre de démissions a également augmenté depuis les dernières élections municipales. Selon le Cevipof, environ 1 300 maires ont renoncé à leur mandat depuis juin 2020, soit une moyenne de 450 par an, comparé à 350 par an durant le mandat précédent. De plus, des milliers de conseillers municipaux ont également abandonné leurs fonctions.
Selon le directeur du Cevipof, Martial Foucault, il y a de nombreuses défections qui témoignent d'une fatigue au sein de la République, comme il est mentionné dans la synthèse de l'enquête. Dominique Faure, la ministre déléguée aux Collectivités territoriales, souligne que ces démissions sont souvent motivées par des problèmes d'incompatibilité entre l'exercice de leur mandat et leur vie personnelle ou professionnelle.
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ENTRETIEN – David Lisnard : les maires demandent "une réelle autorité décisionnelle et les ressources qui l'accompagnent"
Selon David Lisnard, président de l'Association des Maires de France (AMF) et maire Les Républicains (LR) de Cannes, le premier problème auquel sont confrontés les élus municipaux est la difficulté croissante d'agir. L'AMF affirme également que les communes font face à une "recentralisation silencieuse mais puissante" qui les attaque et que tous les maires ressentent au quotidien.
Cette accusation revient régulièrement, mais elle est particulièrement importante cette année car le président de la République a récemment confié au député Eric Woerth (Renaissance) une mission sur la décentralisation dans l'Oise.
Environ quinze ministres participeront au Congrès pour répondre aux questions des maires, mais le chef de l'Etat ne sera pas présent, étant donné sa relation compliquée avec l'AMF. Cependant, il rencontrera comme d'habitude environ un millier de maires à l'Elysée mercredi soir.
En revanche, le gouvernement sera présent en force avec la participation de quinze ministres jusqu'à jeudi, avant que la Première ministre, Elisabeth Borne, ne fasse son intervention de clôture. L'entourage de Dominique Faure affirme que le gouvernement n'a ignoré aucun sujet et qu'il écoute attentivement les élus pour en tirer les conséquences. À titre de preuve, il cite le plan national de prévention et de lutte contre les violences aux élus présenté en juillet, dont certaines mesures entreront en vigueur le 1er janvier, ainsi que les travaux en cours pour améliorer les conditions d'exercice du mandat.
Aussi à noter:
Le gouvernement prend des mesures financières en faveur des départements.
Le gouvernement répond partiellement aux demandes des élus locaux en ce qui concerne la politique de la ville.
Comme chaque année, l'AMF – dont David Lisnard devrait être réélu pour un deuxième mandat, deux ans après sa première élection – devrait également exprimer ses préoccupations financières. Surtout que le projet de loi de finances (PLF) pour 2024 n'est pas jugé suffisamment à la hauteur des défis par l'AMF.
Dominique Faure répond en disant que le projet de loi de finances est très favorable pour les collectivités car il prévoit une augmentation de 220 millions d'euros supplémentaires pour la dotation globale de fonctionnement, après une augmentation de 320 millions d'euros pour 2023. De plus, les collectivités n'ont jamais eu autant d'argent pour leurs investissements, avec un cumul de 4,5 milliards d'euros provenant de la dotation de soutien à l'investissement local, de la dotation d'équipement des territoires ruraux et du "fonds vert". Cependant, le débat sur ce sujet semble sans fin.
Personne nommée Laurent Thévenin
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