Point de vue | L'énergie : les avantages peu connus du géostockage
Pour atteindre une décarbonation efficace, il sera nécessaire de remplacer les chaudières à gaz et au fioul par des pompes à chaleur. Le géostockage offre la possibilité d'accélérer et d'améliorer cette transition, selon Olivier Babeau et Philippe Charlez.
Écrit par Olivier Babeau, qui est le président de l'Institut Sapiens et chroniqueur aux "Echos", ainsi que par Philippe Charlez, qui est un expert en énergie à l'Institut Sapiens.
Pour atteindre ses objectifs ambitieux de décarbonation, la France doit adopter une approche pragmatique et exploiter de manière stratégique toutes les technologies disponibles. Le géostockage, quant à lui, constitue une ressource que nous devrions davantage utiliser.
Pour rendre le mix énergétique français plus écologique, il sera nécessaire de remplacer les équipements thermiques qui fonctionnent avec du pétrole et du gaz par des équipements utilisant l'électricité, que ce soit dans les transports, les bâtiments ou l'industrie. Dans les bâtiments, la majorité de l'énergie est utilisée pour le chauffage, l'eau chaude et la cuisson des aliments, représentant ainsi 85% de la consommation totale.
Pour réduire les émissions de carbone, il sera nécessaire de remplacer en grande partie les chaudières à gaz (encore autorisées pour le moment) et les chaudières au fioul (les nouvelles sont interdites mais les anciennes sont toujours utilisées) par des pompes à chaleur (PAC), des chauffe-eau thermodynamiques et des plaques de cuisson électriques (induction et vitrocéramiques).
Titre: La sobriété énergétique : une solution à portée de main
La sobriété énergétique est un sujet qui mérite notre attention. En effet, il existe une solution simple
Cependant, il est important de noter que l'utilisation des pompes à chaleur n'est pas une solution qui convient à tous les cas. Leur efficacité dépend de la différence de température entre l'extérieur et l'intérieur de la pièce. Par conséquent, ces pompes fonctionnent mieux dans les régions chaudes que dans les régions froides.
Article connexe:
MaPrimeRénov' : prolongation de l'aide financière pour l'installation de pompes à chaleur.
Dans ces dernières circonstances, il est nécessaire de consommer davantage d'énergie pour compenser la différence. C'est à ce moment-là qu'une technique efficace mais peu connue peut être utilisée pour augmenter l'efficacité d'une pompe à chaleur : le géostockage.
En été, on chauffe de l'eau en utilisant des capteurs solaires thermiques ou en récupérant la chaleur provenant de processus industriels, comme la chaleur résiduelle des centrales nucléaires. Cette chaleur est ensuite stockée dans des puits forés dans la roche environnante. Pendant l'hiver, cette chaleur est récupérée pour alimenter les pompes à chaleur à une température constante et plus élevée que celle de l'air ou du sous-sol. Le géostockage permet ainsi d'améliorer considérablement les performances des pompes par rapport aux méthodes conventionnelles et de réaliser des économies d'énergie importantes.
Également à lire:
Le gouvernement souhaite accélérer la rénovation énergétique, mais il existe encore des obstacles.
En raison de son coût élevé et de l'ampleur des travaux nécessaires (qui impliquent le forage de plusieurs dizaines de puits d'une profondeur de quelques dizaines de mètres), cette technologie est plus adaptée aux grands bâtiments commerciaux (bureaux, centres commerciaux, écoles, administrations, hôpitaux) qu'aux maisons résidentielles.
Les grandes surfaces de bureaux
En réduisant la consommation d'électricité et en accélérant la décarbonation, le stockage géothermique pourrait contribuer à la disparition des chaudières résiduelles au gaz et au fioul. Selon une récente étude de l'Institut Sapiens, en appliquant le stockage géothermique aux grandes surfaces de bureaux de plus de 1 500 m2 (soit un total de 300 millions de mètres carrés sur le milliard de mètres carrés du secteur tertiaire en France), la France pourrait économiser entre 30 et 60 milliards d'euros d'importations gazières d'ici 2050 et réduire les émissions de CO2 de 134 millions de tonnes.
Ce concept simple et solide nous rappelle que la transition énergétique ne nécessite pas une seule réponse, mais plutôt l'utilisation de différentes technologies qui se complètent et qui sont adaptées de manière intelligente aux besoins locaux.
Olivier Babeau occupe le poste de président au sein de l'Institut Sapiens.
Philippe Charlez occupe le poste de directeur de l'observatoire Energie et Climat de l'Institut Sapiens.
Olivier Babeau et Philippe Charlez
Quelles stratégies peuvent être utilisées pour s'adapter dans un environnement complexe ?
Nos vidéos
Une entreprise souhaite donner une nouvelle utilisation à "une énorme quantité de panneaux solaires" en les recyclant.
Pourquoi le peuple argentin manifeste-t-il contre le "méga-décret" de son nouveau président ?
L'OMS tire la sonnette d'alarme sur la crise humanitaire actuelle à Gaza.
Des images impressionnantes montrent l'explosion qui a eu lieu dans le port de Feodossia, en Crimée.
Les articles les plus lus
Redessiner un monde sans utilisation d'énergies fossiles
Opinion | L'Union européenne trouve sa force face aux changements
Opinion | Les illusions de la dédollarisation
À la une
LE FIL INFO – La demande de bureaux en Île-de-France a diminué en 2023
SONDAGE – Gabriel Attal suit de près Edouard Philippe dans le classement des personnalités politiques
Les SUV sont dans le collimateur des autorités en raison de leur empreinte écologique
Cercle
Opinion | Robert Solow, un penseur exceptionnel
Opinion | Les avantages méconnus du géostockage pour l'énergie
Opinion | Pour une plus grande égalité des chances, populariser le mentorat
Pratique
P
L'Ensemble
Tous les droits sont réservés par Les Echos pour l'année 2024.






