Analyse | Ne pas faire d'erreur en mélangeant publicité et information
Selon Philippe Carli, une réforme des règles publicitaires qui permettrait une plus grande visibilité à la publicité télévisuelle pour le cinéma, l'édition littéraire et les promotions commerciales risque d'affaiblir la presse d'information.
Les médias d'information sont essentiels pour le bon fonctionnement de notre société, fournissant à plus de 50 millions de lecteurs chaque mois du contenu professionnel et vérifié en format papier et numérique. Plus de 12 000 journalistes travaillent pour les journaux membres de l'Alliance de la presse d'information générale, couvrant tous les territoires.
Alors que la propagation de fausses informations continue de causer des dommages et soulève des inquiétudes légitimes concernant le futur de nos systèmes démocratiques, est-il nécessaire de rendre ce modèle encore plus vulnérable qu'il ne l'est actuellement ?
Il est envisagé de modifier les règles publicitaires entre les médias en faveur de la télévision, ce qui permettrait d'augmenter la publicité pour le cinéma, l'édition littéraire et les promotions commerciales de distribution.
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Le secteur de la publicité en ligne se dirige vers un chiffre d'affaires de 10 milliards d'euros en France.
Il est essentiel de protéger la diversité des médias, qui est actuellement en danger sur le plan économique. Il est important de maintenir les mesures de protection approuvées par les tribunaux compétents pour éviter toute erreur.
Affaiblir les journaux imprimés
Première faute : déplacer des ressources d'un média fragmenté vers un autre qui est plus centralisé et plus rentable.
Une autre erreur est de renforcer la division entre la capitale et les régions en déplaçant des ressources des médias locaux vers des acteurs nationaux, ce qui nuit au réseau de proximité fourni par les rédactions des journaux d'information.
Découvrez également : Les médias classiques doivent chercher de nouvelles opportunités de développement grâce à la publicité
Une troisième erreur a été de affaiblir la presse écrite, qui emploie la majorité des journalistes en France et qui a été fortement impactée par la concurrence des géants technologiques internationaux tels que Google, Meta et Amazon. Ces entreprises ont concentré une grande partie des investissements publicitaires numériques en France en 2023.
La publicité est nécessaire pour financer le journalisme de qualité et assurer une information générale fiable, ce qui est crucial pour la démocratie. Plutôt que de détourner ces ressources vers l'audiovisuel, où l'information est juste une partie de leur activité, il est important de les utiliser pour soutenir le journalisme professionnel.
Les annonceurs ont exprimé leur désaccord avec cette ouverture par le biais de l'Union des marques. Les études révèlent que la valeur en ligne est de plus en plus captée par des plateformes américaines et chinoises, au détriment de tous les médias. Il est donc important que les politiques publiques se concentrent sur d'autres priorités.
Il est nécessaire de restaurer la transparence et l'équité dans le secteur de la publicité en ligne, où des pratiques condamnées par l'Autorité de la concurrence en 2021 persistent. Cela pourrait inclure la mise en place de services d'intermédiation de publicité en ligne interopérables, ce qui bénéficierait non seulement à la presse d'information, mais aussi à tous les médias en général.
Il est nécessaire de créer de nouveaux outils pour reconnaître et encourager les investissements des annonceurs dans les médias d'information, en les intégrant par exemple comme un critère ESG.
Il est également nécessaire de créer des moyens pour reconnaître et promouvoir les investissements des annonceurs dans les médias d'information, comme en les intégrant dans les critères ESG (environnementaux, sociaux et de gouvernance).
Il est important que les autorités publiques veillent à soutenir financièrement les médias locaux qui emploient des journalistes, en plus des plateformes numériques. Cela permettrait de montrer leur engagement réel envers le financement des médias, au-delà des demandes spécifiques de certains secteurs.
Philippe Carli occupe le poste de président de l'Alliance de la presse d'information générale et est également président du Groupe EBRA.
Philippe Carli
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